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Publié le vendredi 3 septembre 2004

Le club sportif d’entreprise, outil de développement des activités physiques et sportives



Propriété collective des salariés d’une même entreprise ou d’un regroupement de petites entreprises, le club d’entreprise ou interentreprises est un outil à disposition des travailleurs pour accéder à la pratique sportive de leur choix.

Sa reconnaissance historique (lois sur le sport de 1984 et 2000, Code du travail - art. L 438-8) en fait un acquis social, à la fois à défendre et à développer.

Les comités d’entreprise ou organismes équivalents jouent un rôle prépondérant sur leur existence et leur développement, car les élus déterminent la politique sportive à conduire et la finance. Les activités physiques et sportives sont les premières activités sociales dans les entreprises ; bien au-delà des clubs, on les retrouve dans les centres de loisirs, dans les vacances pour adultes et familles et les centres de jeunes.

Beaucoup de petites entreprises qui n’ont pas de comité d’entreprise, ont bien souvent leurs équipes de foot ou autres sports. Tous ces petits clubs, souvent omnisports, sont la seule activité sociale de l’entreprise. Qu’ils soient omnisports ou unisports, les clubs d’entreprise jouent un rôle social important car c’est un moyen d’accès à la pratique sportive pour tous ; c’est aussi un lieu de vie collective et démocratique ou se développe l’esprit de solidarité. Ils répondent aussi à un besoin de détente, de loisirs et de santé.

Ce lieu de vie incontestable dans l’entreprise ne peut laisser indifférent la Cgt et toutes ses organisations : syndicats, confédération, fédérations, unions départementales, unions locales, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce que les pratiques sportives dans l’entreprise ont été acquises par la lutte des travailleurs qui se sont donné les moyens de les faire vivre avec les comités d’entreprise et les clubs. Ces pratiques sont conditionnées par le pouvoir d’achat, la protection sociale, les conditions de travail, la vie et l’environnement du salarié.

Ensuite, l’évolution du sport est telle qu’il est devenu un puissant vecteur idéologique que le patronat utilise en y mettant des moyens considérables pour accompagner sa politique managériale et consensuelle pour faire accepter, en interne, des reculs sociaux sous couvert de compétitivité et de mondialisation de l’économie.

Le mécénat sportif d’entreprise est aussi utilisé pour donner une image sociale de l’entreprise à l’extérieur en aidant à la création d’emplois jeunes dans les quartiers difficiles, alors qu’il supprime des emplois en interne.

Les grandes entreprises ont mis des moyens considérables autour de leur service de communication pour mener à bien ces objectifs qui visent essentiellement à externaliser les activités sociales sportives et culturelles de l’entreprise et à accompagner sa logique ultralibérale.

Nous assistons à un paradoxe : les patrons investissent le champ des activités physiques et sportives en terme de communication, se dégageant du développement du sport à la charge des comités d’entreprise et des clubs dans l’entreprise. L’exemple le plus frappant est la vente d’installations sportives et la remise en cause de crédits d’heures accordés aux bénévoles des clubs.

Le club d’entreprise a-t-il un avenir ?

Les profondes mutations socio-économiques de ces dernières années ont bouleversé le paysage social apportant de nouvelles interrogations au mouvement syndical en matière d’activités physiques et sportives.

La réduction du temps de travail et les 35 heures mais également la flexibilité accrue, la marginalisation, la précarisation et l’exclusion sont, entre autres, des données nouvelles à intégrer dans la diversité des réponses aux besoins des salariés.

Pour sa part, la Cgt, enrichie de l’analyse de ses congrès, situe bien l’entreprise comme un lieu privilégié de la prise en compte de toute la dimension de la pratique sportive des travailleurs et de leur famille.

Il est du rôle de la Cgt de veiller :

  • à ce que les travailleurs participent effectivement à l’élaboration et au contrôle de la politique sportive dans l’entreprise afin qu’ils ne soient pas de simples consommateurs d’activités,
  • à créer les conditions pour que les travailleurs, les sportifs, leur famille, dans l’entreprise, avec leurs comités d’entreprise, agissent contre la politique d’austérité et d’exclusion menée par les pouvoirs publics, le patronat, les directions,
  • à ce que les activités physiques et sportives correspondent aux besoins exprimés par le plus grand nombre, à différents niveaux, qu’elles soient adaptées à notre époque, suivant les individus ou les groupes sociaux, tout en correspondant à des âges, des compétences, des connaissances différents.
  • Nos engagements futurs dans ce domaine ne peuvent être occultés ou retardés. Nos acquis ne nous autorisent-ils pas à apporter des réponses novatrices, conformes à l’identité que le mouvement syndical a su donner aux activités sociales et sportives dès leur origine ?