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Publié le mardi 21 février 2017
Entreprises

En France, des luttes victorieuses



Sur le plan syndical, les femmes, en l’espace d’une année, ont marqué des points décisifs. Retour sur les luttes marquantes dont celles de la Polyclinique de l’Ormeau et des Atsem.

Qui a dit que les femmes n’étaient pas combatives ? Elles sont pourtant à l’origine de luttes historiques. Le 8 mars 1917, les femmes manifestent pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front. C’est le premier jour de la révolution russe. Un siècle après, les avancées sont réelles mais fragiles. Les femmes sont payées en moyenne 25% de moins que les hommes. Autrement dit, tous les jours à partir de 15h40, elles travaillent gratuitement. Alors sans hésiter, le 8 mars 2017, journée internationale du droit des femmes, la CGT appelle à la grève générale.

Les femmes savent lutter et gagner leur émancipation. La CGT les accompagne dans leurs combats. Ce film relate les luttes victorieuses des Atsem, des coiffeuses du 57 Bd de Strasbourg à Paris, ou encore des salariés de la Polyclinique de l’Ormeau...

Ce fut la plus longue mobilisation syndicale dans le secteur de la santé. Et ce fut une mobilisation victorieuse. Après 64 jours de grève, l’occupation successive du conseil départemental des Hautes-Pyrénées et de l’agence régionale de santé Occitanie, des barrages filtrants, etc. les salariés femmes de la clinique de l’Ormeau ont eu gain de cause. Finalement, les salariés de la policlinique de l’Ormeau et la CGT ont obtenu beaucoup plus que ce que prévoyait l’accord de fin de grève proposé par le médiateur ministériel, d’abord rejeté par la direction de la policlinique, propriété du groupe Medipole partenaires, puis in fine accepté le 5 janvier. « C’est une augmentation de 3 % qui a été concédée et une prime pérenne de 700 euros pour tous les salariés de l’établissement », s’est félicité la CGT. Ce protocole comprend : une augmentation significative de la valeur du point intégrant la Rémunération annuelle garantie avec un effet rétroactif au 1er janvier 2016, une prime pérenne de 700 euros pour tous les salarié-e-s de l’établissement, des mesures en termes d’amélioration des conditions et d’organisation du travail...

Il aura fallu l’intervention de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, mais aussi de Matignon, appelé à l’aide par les salariés grévistes, pour que la situation se débloque enfin, tard ce 10 janvier. Au-delà des augmentations salariales, les grévistes ont obtenu des avancées en matière de conditions de travail. Ils souhaitaient que soient conservés certains postes menacés, l’abandon d’un projet relatif aux services d’hospitalisation et la prise en compte des temps de pause en travail effectif. Les grévistes avaient aussi réclamé l’intégration des équipes d’agents de service hospitaliers aux équipes de soins, le remplacement des personnels absents, la mise en place de plannings fixes, le respect de délais minimums en cas de changements d’horaire.

Toujours dans le secteur de la santé, après deux mobilisations le 14 décembre 2016 et le 1er février 2017, ce sont les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) qui ont eu gain de cause. Les conditions de travail des Atsem – agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles – ont beaucoup évolué suite aux récentes réformes scolaires. Pour autant, ils ne bénéficient toujours pas de la reconnaissance qu’ils méritent, et les salariés (en grande partie des femmes) sont bloqués dans leur déroulement de carrière. Elles revendiquent notamment :
• un Atsem par classe et leur remplacement par une équipe d’Atsem volants ;
• la clarification des missions des Atsem ;
• une solution réelle à la problématique de la double hiérarchie Éducation nationale-collectivité ;
• de la formation professionnelle tout au long de la carrière ;
• un déroulement de carrière avec la possibilité d’intégrer la catégorie B ;
• la reconnaissance de la pénibilité ;
• la reconstruction de carrière par la prise en compte de l’ancienneté (supprimée lors des transpositions des accords Jacob en 2007).

Mi-février, Annick Girardin, ministre de la Fonction publique, accédait à certaines des plus pressantes revendications. Elle annonçait que ces agents, de catégorie C, allaient pouvoir évoluer vers la catégorie B. De nombreux points restaient non tranchés, mais Annick Girardin s’est dit prête à avancer. Des groupes de travail, mis en place avec l’association des maires de France (AMF), devraient permettre d’accoucher très vite de propositions qui pourront être mises en œuvre à la rentrée prochaine. La mobilisation paie toujours.