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Publié le mardi 21 février 2017
Société

Pourquoi elles se mobilisent à 15h40



Né en Islande en 1975, le débrayage à 15h40 a son histoire. Il a depuis été adopté par de nombreuses femmes en lutte en Europe et ailleurs.

C’est une forme de mobilisation qui est née en Islande il y a maintenant 42 ans, en 1975. À 14h08 précisément, des femmes se sont mises en grève pour rejoindre le centre de la capitale et manifester à l’occasion de ce qu’elles ont appelé le « jour de repos des femmes ».

Pourquoi 14h08 ? Parce qu’elles ont estimé que, à partir de cet horaire, elles travaillaient sans être payés, en prenant comme référence le salaire moyen d’un homme. Ce mouvement s’est répété en 2005 et en 2008. Cette année là, elles se sont mises en grève à 14h25, ce qui veut dire qu’elles ont réduit de 17 minutes l’inégalité salariale avec les hommes. En octobre dernier, elles se sont mises en grève à 14h38, soit une réduction de 8 minutes en neuf ans. Le mouvement a été adopté par les Françaises en novembre dernier : elles ont été invitées à quitter leur travail à 16h34 pour protester contre les inégalités salariales. Le 8 mars prochain, pour la Journée de la femme, un appel de syndicats, associations féministes, ONG, organisations de la jeunesse, appellent les femmes à se mettre en grève à 15h40. Aux États-Unis, le mouvement Women’s march a également appelé les femmes à faire grève.

La lutte pour le droit des femmes depuis ce début d’année s’internationalise. En janvier dernier, à Washington, 500 000 manifestants avaient manifesté à l’appel du Women’s march, en réaction à l’élection de Donald Trump. Par solidarité, 100 000 Londoniennes avaient arpenté les rues de Londres. À Paris, et dans bien d’autres villes, plusieurs milliers de personnes avaient ainsi marqué leur désapprobation en marchant. Le président Donald Trump s’était rendu célèbre pendant la campagne électorale en multipliant les déclarations machistes, et en se déclarant pour l’interdiction de l’IVG.

C’est que, un peu partout dans le monde, les droits des femmes ont été durement attaqués. En Pologne, en octobre 2016, le Parlement a tenté de faire passer une loi liberticide anti-avortement, qui interdisait totalement le recours à l’IVG. 150 manifestations se sont alors tenues, et ont réuni plus de 100 000 personnes, en majorité des femmes. Le Parlement polonais a préféré renoncer à sa loi.