La cgt
NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Travail  >> Industrie
Publié le mercredi 11 janvier 2017
Conjoncture

Un contexte industriel national inquiétant



La réalité est que la France importe 60 % des produits industriels en lien avec ses besoins. L’insuffisance des capacités de production et le faible niveau d’emplois qualifiés viennent de cette stratégie patronale, soutenue par la puissance publique, consistant à délocaliser la production et à donner la priorité aux placements financiers.

Après Pechiney, Arcelor, la France brade aux investisseurs étrangers ses fleurons industriels comme Alstom, Lafarge, Renault, PSA, Alcatel, Areva... À chaque fois, ce sont des centres de décisions qui s’éloignent des salariés et des pouvoirs publics, un tissu industriel qui est mis à mal et une perte de maîtrise des technologies et savoir-faire.

Alors que gouvernement et patronat multiplient les opérations de communication sur la « nouvelle France industrielle », autour de la « révolution numérique » et de l’« industrie du futur », les salariés restent plus que jamais confrontés à des restructurations destructrices d’emplois, à la dégradation des conditions de travail, à la dévalorisation des qualifications, à la stagnation des salaires menées au titre de la sacro-sainte « compétitivité ».

Des causes identifiées de la part des entreprises…

• financiarisation de l’économie : alors que les dividendes versés aux actionnaires ne représentaient que 5 % de la valeur ajoutée dans l’industrie en 1985, ils en représentaient 25 % en 2015. Ce détournement des résultats de l’entreprise et des gains de productivité vers la rémunération du capital se fait au détriment des investissements productifs, de la recherche et développement et du renouvellement des savoir-faire et de l’emploi qualifié ;
• délocalisations dans un cadre de dumping social, fiscal, environnemental : les groupes tentent d’échapper à leurs obligations sociales pour faire exploser leurs bénéfices (par exemple dans les branches de l’automobile et de l’électroménager), provoquant la perte de 750 000 emplois en dix ans ;
• externalisation des emplois industriels au profit de la sous-traitance : une partie des emplois considérés comme industriels seront présentés comme des emplois de services où les conventions collectives sont souvent moins protectrices, et les salaires souvent plus faibles.

… mais aussi de la part de l’État :

• politiques d’austérité, avec une forte baisse de la commande publique et une pressurisation des salaires, entrainant une véritable récession économique et sociale ;
• un État qui considère que la France n’a plus vocation à produire sur son territoire, alors que la relocalisation d’un tiers de la production importée pourrait recréer des centaines de milliers d’emplois dans le Pays ;
• un État qui accompagne les entreprises face aux dérives financières, alors même que des filières stratégiques sont menacées (sidérurgie, automobile, navale, ferroviaire, électroménager, énergie…).