La cgt
NOUS SUIVRE
  
Publié le mardi 1er octobre 2013

Ils disent "volontariat". Et si nous parlions salaires ?

Précarité, Temps de travail, Salaires

Si les salaires n’étaient pas si bas, les carrières si peu motivantes, les temps partiels aussi fréquemment imposés, il se trouverait moins de "volontaires" pour travailler le dimanche dans ces enseignes de bricolage.

Dans cette période de chômage et de baisse du pouvoir d’achat, les patrons de la grande distribution et du bricolage font feu de tout bois pour faire basculer une opinion publique qui n’est pas acquise à l’idée de travailler le dimanche. Ils invoquent notamment le bonus salarial que représentent ces dimanches sacrifiés.
Mais il faut savoir par exemple que 90 % des salariés de Castorama
ont un salaire inférieur à 1716 euros brut, soit moins de 1 330
euros net. Il faut aussi avoir à l’esprit que deux sur trois travaillent
pour moins de 1 291 euros à plein temps.
« Vu le niveau des salaires, on peut parler de volontariat forcé », dénonce Hugues Bastat, délégué syndical
central CGT de Castorama. « Si nos salaires étaient sur la base de la
revendication de la CGT d’un Smic à 1 700 euros net, il y aurait beaucoup moins de candidats pour venir travailler le dimanche. »

La preuve de ce qu’avance le délégué CGT ? On la trouve dans le Figaro du 28 septembre dans les propos du porte parole des "Bricoleurs du dimanche" un collectif de salariés de Castorama et Leroy Merlin qui ont choisi de servir la cause du dimanche. Selon ce collectif, "le revenu net supplémentaire issu du travail dominical atteint jusqu’à 400 euros".
Mais alors, faisons une addition simple : ajoutons 400 euros aux 1330 euros nets... Eh oui, on tombe pile sur la revendication CGT d’un smic à 1700 euros !

Les grandes surfaces de bricolage réalisent tellement de profits (voir cet autre article) qu’elles pourraient largement augmenter les salaires.
Ces groupes sont tellement riches qu’ils peuvent se permettre de payer 120 000 euros d’astreinte judiciaire pour chaque magasin ouvert le dimanche en contravention à la loi.
Ces enseignes ne peuvent se retrancher derrière l’argument de la compétitivité et menacer de se délocaliser. Elles bénéficient à plein des réductions et exonérations de cotisations sociales, car les salaires qu’elles pratiquent sont la plupart du temps en dessous du seuil de 1.6 fois le smic.
Elles bénéficient aussi très largement de l’argent des contribuables avec lequel la collectivité aménage les réseaux qui les desservent.