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Publié le vendredi 25 mai 2012
Question à Serge Le Glaunec

La CGT et l’industrie du cinéma : quels rapports, quels engagement ?



La tenue du festival de Cannes est l’occasion, pour Serge Le Glaunec, responsable de l’espace Culture de la CGT, de faire le point sur l’engagement de l’organisation dans l’industrie du cinéma.

Comment la CGT se mobilise-t-elle pour la défense d’un cinéma ouvert aux autres et à tous les horizons ?

SL : « La Cgt, dans son ensemble, et sa fédération du Spectacle en particulier, est attentive aux processus mis en place concernant l’aide à la création cinématographique qui mérite d’évoluer.
La casse du service public a engendré une réduction des moyens importante, une poussée très forte vers le consumérisme et une manière de juger une œuvre au nombre d’entrées qu’elle est susceptible d’obtenir.
La CGT est également attentive à l’évolution de la couverture sociale des artistes, techniciens, des intermittents dont les contrats vont bientôt être renégociés.
Défendre le cinéma, c’est aussi regarder l’autre bout de la chaine : celui de la diffusion. Ce sont les grands groupes qui pèsent sur l’ensemble du réseau des distributeurs. Les salles indépendantes, les réseaux art et essais ont besoin d’un fort soutien pour qu’ils proposent une diffusion diversifiée, des films qui n’ont pas les grands moyens de la publicité, qu’ils puissent bénéficier des films en temps et en heure et pas six mois après leurs sorties.
La CGT, au travers de ses comités d’entreprises, est aussi un outil d’intervention. Les CE organisent des événements, travaillent avec des réseaux indépendants...
La CCAS est, avec des CE partenaires, responsable du festival Vision sociale qui se déroule chaque année à La Napoule, dans les Alpes-Maritimes, durant la même période que le festival de Cannes, avec une programmation spécifique autour du cinéma social. »

Une histoire commune



C’est à la demande de la CGT que le Conseil national de la Résistance, après-guerre, reprend le projet de Jean Zay, ministre du Front populaire qui, en 1938, en réponse au choix fascisant de la Mostra de Venise, avait proposé que Cannes accueille un « vrai » festival. La guerre en ayant décidé autrement, le premier festival se tient donc en 1946, dans les gravats et l’euphorie de l’après-guerre, avec l’aide active de la CGT, de sa fédération du Spectacle ainsi que des députés communistes de Nice et de Cannes. Des ouvriers syndiqués participent bénévolement à la construction du Palais de la Croisette et la veille de la Première, les adhérentes du syndicat des Couturières travaillaient encore sur le rideau de scène. (Ce palais est rasé fin des années 80). La fédération du Spectacle est toujours membre du comité d’organisation du festival.