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Publié le mercredi 16 mai 2012

Pour une transformation du système de santé au travail



Le diagnostic porté par la CGT l’a conduit à
s’engager dans une démarche de
transformation du système de santé au travail, en mettant en avant des
propositions novatrices pour sortir la
santé au travail de l’impasse dans
laquelle elle se trouve plongée depuis
trop d’années.

Les services interentreprises de santé
au travail concernent environ 14 millions
de salariés sur 15 millions du
secteur marchand : leur devenir est
donc un élément essentiel de la
réforme nécessaire. Ils sont les cellules
de base d’un système de santé au travail
qui subit ou qui assume les ambiguïtés
entre les exigences de la
prévention primaire et les compromis
de la gestion des risques, dans un marché
du travail plombé par le chômage
de masse.

Des problèmes importants de santé au
travail ont fait l’actualité dans de
grandes entreprises dotées d’un service
autonome : ils sont révélateurs de
ce que la crise du système de santé au
travail est d’abord une crise du travail
lui-même.

Cette crise est amplifiée par l’isolement
du système au moment où la
prévention des risques professionnels
est devenue un enjeu majeur de santé
publique. Cet isolement et ces ambiguïtés
perdureront tant que les
Services de Santé au Travail (SST)
interentreprises resteront peu ou prou
sous la domination et la gestion à
courte vue exercées par des baronnies
patronales locales.

Il n’est pas possible de promouvoir
l’effectivité de « la non altération de la santé
du fait du travail » et de l’indépendance
des médecins et des équipes des services
en faisant abstraction des conditions
de l’effectivité du contrôle social
et de la qualité du dialogue social, de
l’adéquation de l’organisation et de la
gouvernance du système de santé au
travail aux missions qui lui sont
assignées.

L’émergence d’un pôle régional de
responsabilité et de pilotage, impliquant
l’ensemble des acteurs du système
est donc nécessaire à la lisibilité
et à la cohérence de la politique de
santé au travail, cet échelon institutionnel
se situera ainsi au même
niveau que les ARS afin de contribuer
à définir et mettre en oeuvre la politique
de santé publique.

La CGT milite pour ce renversement
qui permettra de créer un nouvel état
d’esprit, une nouvelle culture tissant
des liens étroits entre santé au travail
et santé publique (notamment à travers
le thème de la pénibilité, du travail
des seniors, de la traçabilité des
expositions, du lien avec les organismes
de veille et de recherche),
réduisant à la source les dégâts sur la
santé imputables aux organisations
et aux conditions de travail et générateurs
de coûts supportés globalement
par « l’Assurance maladie ». Le
coût du « mal travail » est évalué à 4
points de PIB, soit environ 80 milliards…
80 milliards engloutis dans
une politique de réparation parfaitement
évitable pour peu que la prévention
des risques soit mise en
priorité de santé. C’est bien principalement
sur la « gouvernance » des
services de santé au travail interentreprises que peut être estimé l’intérêt
du changement. En proposant une
véritable organisation paritaire de la
gouvernance des SST, la CGT veut
rompre avec la vision étroite antérieure
en créant les conditions d’une
implication plus forte des organisations
patronales nationales et syndicales
et des institutions représentatives
des salariés, et en instituant la santé
au travail comme dimension majeure
du dialogue social.

Enfin, la CGT reste déterminée à
donner aux organismes nationaux et
régionaux (CARSAT) de la sécurité
sociale bien plus que le rôle d’un partenaire
car ils ont la vocation et la
mission de tenir fermement les fils qui
relient santé au travail et santé
publique. Nous avons conscience
d’être seuls pour l’instant à porter cette
visée « révolutionnaire ». Mais ce n’est
que partie remise car l’avenir est à une
réévaluation du travail, facteur de production
éminemment renouvelable
pour ne pas dire inépuisable et facteur
de socialisation indispensable à toute
conception du développement
durable. Dans ce cadre, le concept de
sécurité sociale est destiné à redéployer
toutes ses potentialités, et notre organisation
continuera à lutter pour qu’il
recouvre sa fonction fédératrice et
intégratrice au service du monde du
travail.