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Publié le mercredi 16 mai 2012

La "dépendance"



Pour la CGT, la question de la « dépendance
 » ne peut être dissociée de celle
de la définition de la santé que nous
mettons en avant. C’est la raison pour
laquelle nous considérons qu’il faut
parler d’aide à l’autonomie, question
de santé qui ne se limite pas aux personnes
âgées et qui doit constituer un
droit nouveau pris en charge par la
Sécurité sociale.

La manière dont la question a été
abordée ces dernières années montre
bien les dérives actuelles. La séparation
de l’hébergement et du soin a
permis l’ouverture d’un marché très
lucratif que certains qualifient même
« d’or gris ». Plusieurs groupes
dominent ce marché avec des taux de
croissance annuels de leur chiffre
d’affaires de près de 10 % et une excellente
rentabilité. Ils ont pour nom
Orpéa-Clinéa, Korian ou encore
Médica France. Ce qui est encore plus
choquant sont les conflits d’intérêt
avec des patrons, comme ceux de
Korian qui après avoir dirigé des hôpitaux
publics où ils ont fermé massivement
les structures hospitalières
appelées à l’époque de long séjour,
prenant en charge justement des personnes
âgées dépendantes, se sont
réorientés vers le secteur privé lucratif
pour développer une offre de substitution
à ce qui n’existait plus dans le
secteur public.

Pour les personnes
âgées et leur famille, les conséquences
financières sont particulièrement douloureuses
avec des tarifs qui sont en
moyenne de 2 200 euros par mois et
peuvent dépasser 3 000 euros alors
que la retraite moyenne est à 1 200
euros.

Dans le cadre d’une prise en charge
globale, dissocier le soin de l’hébergement
ne nous paraît pas pertinent. Ce
d’autant que l’aspiration de la majorité
des personnes âgées est de rester
le plus longtemps possible à leur domicile.

Ce dont nous avons besoin ce
n’est donc pas de créer une nouvelle
branche de la Sécurité sociale mais
bien de financements supplémentaires.
En effet, le risque d’individualiser la
prise en charge de la « dépendance »
est de faire sortir du champ de l’Assurance
maladie les pathologies chroniques multiples qui concourent à
l’installation d’une perte d’autonomie.

Quand on sait aujourd’hui que ce que
la Sécurité sociale appelle dans son
jargon les « affections de longue
durée » représentent 61 % de ses
dépenses, on imagine tout de suite les
« économies » qui pourraient être réalisées
en sortant une partie de cette
prise en charge de son domaine et en
la faisant reposer sur une assurance
« dépendance ».

Quand on parle d’assurance « dépendance
 », on voit poindre le nez des
groupes d’assurance voyant là un
marché juteux qui peut s’ouvrir à eux.
Cette hypothèse est d’autant plus crédible
face à l’antienne de la nécessité
de réduction des déficits publics.
Il faut être clair, la prise en charge de
l’aide à l’autonomie dans le cadre de
la Sécurité sociale et plus particulièrement
de l’Assurance maladie nécessite
d’augmenter la part du PIB qui y est
consacrée de 1 à 1,5 points d’ici 2025
(projections du Conseil
d’analyse stratégique). L’effort est donc très modéré et très
loin des prévisions des Cassandre qui
nous expliquent que c’est impossible
face au dogme de la « réduction des
déficits publics ».