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Publié le mercredi 16 mai 2012

Le secteur de l’hospitalisation privée lucrative



L’existence de ce secteur a été « justifiée
 » par une offre supplémentaire
assurant la « liberté de choix du
patient ». Aujourd’hui cet argument
n’est plus valide. En effet, les réorganisations
sanitaires ont souvent pour
effet de substituer des structures privées
lucratives aux structures
publiques, ne laissant plus le choix au
patient.

Il faut insister sur le fait que la France
est le pays d’Europe où la part de
l’hospitalisation privée lucrative est la
plus importante (34 % du marché).
Elle est même dominante dans le secteur
de la chirurgie où elle assure 60 %
de l’offre. Dans ce domaine, notre
pays est à la pointe et constitue un
laboratoire intéressant de la privatisation
de l’offre de soins hospitalière qui
intéresse fortement les investisseurs. Il
n’est pas anodin que Vitalia, le deuxième
groupe d’hospitalisation privé
français, soit détenu par un fonds de
pension américain. Le choix de ce
type d’investisseurs ne se fait que dans
des secteurs où les promesses de rentabilité
et de retour sur investissements
sont fortes.

Il faut être clair. Le financement de
l’ensemble du système est assuré par
la solidarité nationale, c’est-à-dire par
la collectivité. La santé ne peut être un
service marchand source de profit et
les hôpitaux n’ont pas pour mission
première de contribuer au développement
du marché.

Dans ce cadre, la CGT propose dans
l’immédiat de laisser la liberté de créer
des structures sur initiative individuelle
à partir du moment où elles répondent
à des besoins. En revanche, il nous
semble logique d’interdire toute possibilité
de réaliser des bénéfices versés à
des actionnaires et d’imposer que les
marges de financement dégagées soient
obligatoirement réinvesties dans le
domaine de la santé. Pour être plus
clair, nous proposons de ne conserver,
à côté d’un service public pivot, qu’un
mode de fonctionnement correspondant
au secteur privé à but non lucratif
dont l’avenir semble fortement menacé,
dans le cadre des réformes actuelles qui
instaurent une concurrence frontale
entre le secteur public et le secteur privé
lucratif, en ignorant ses spécificités.

Cette dualité du système n’a pas forcément
vocation à perdurer et il nous
semble approprié d’envisager dès
maintenant une convergence dans un
délai rapprochée pour aller vers un
statut unique qui serait celui d’un service
public rénové et démocratisé.