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Publié le mercredi 16 mai 2012

Modes d’exercice des professionnels



Afin de faire fonctionner ce dispositif,
nous sommes obligés de sortir du système
actuel de « liberté d’installation »
et de « rémunération à l’acte ». Cette
remise en cause est nécessaire, ce
d’autant que les différentes mesures
proposées ces dernières années pour
tenter de corriger les dérives du système
se sont révélées inefficaces.

La CGT ne propose pas un système étatisé à
l’anglaise, mais une modification des
modes d’installation et d’exercice permettant
de répondre à la fois aux
besoins de la population et aux aspirations
des professionnels, notamment
en termes de qualité et de choix
d’exercice.
La CGT propose donc deux types
d’exercice avec si possible une généralisation
de l’activité mixte.
- Un exercice indépendant basé
sur une relation contractuelle avec la Chambre territoriale ou régionale
de santé et une rémunération
forfaitisée sur la base de contrats
définissant les actions de santé à
mettre en oeuvre par le praticien.

Il ne s’agit en aucun cas d’uniformiser
les rémunérations puisque
chaque praticien aura le choix de
contractualiser ou pas sur les différentes
missions proposées. Par
contre, l’installation sera conditionnée
d’une part à l’existence
d’un besoin sur le territoire et au
fait que l’ensemble des missions
définies par les chambres de santé
soit bien respecté. De fait l’installation
sera conditionnée à l’existence
de lieux d’exercice proposés
par les chambres de santé.

Il serait illusoire d’avancer de tels projets
sans mettre sur la table la disparition
officielle de la possibilité de
s’installer en cabinet libéral pour les
futures générations d’étudiants en
médecine. Ce chantier nécessite un
profond changement des mentalités
des praticiens. Il nous apparaît indispensable
que tous les médecins exerçant
dans les centres de santé
travaillent également une partie de
leur temps (une demi à une journée
par semaine, voire plus) dans l’hôpital
général du territoire. Il en va de l’intérêt
tant du patient (lien entre les soins
primaires et l’hôpital) que du professionnel
(contacts avec d’autres spécialistes,
formation continue).

- Un exercice salarié à l’hôpital
ou dans d’autres structures de
santé. La CGT préconise un seul
statut de médecin salarié, ce qui
permettrait des passages plus
faciles d’un employeur à l’autre.
Par ailleurs, l’exercice multisites
semble une nécessité afin que ce
soit plutôt le médecin qui aille vers
le patient que le contraire. En
effet, du fait des problèmes actuels
de démographie qui vont peser
sur le système pendant une assez
longue période, il semble opportun
d’examiner la meilleure organisation
prenant en compte la
mise en place de consultations
spécialisées dans les centres de
santé, la possibilité de soins spécialisés
ambulatoires dans les
hôpitaux locaux ou généraux, la
continuité de la prise en charge
entre les soins aigus dans un centre
spécialisé mais éloigné et les soins
de suite dans une structure de
proximité…

L’activité des professionnels spécialisés
sur plusieurs sites est d’autant plus
pertinente qu’il s’agit d’un mode de
fonctionnement courant dans le secteur
privé lucratif où l’argument
taille/qualité ne se pose visiblement
pas dans les mêmes termes pour les
« experts » qui préconisent la suppression
des maternités et des blocs opératoires
dans les hôpitaux publics de
proximité.

Enfin, il conviendrait de mettre en
place une extension des missions de
l’hospitalisation à domicile (HAD)
avec des équipes dépendant des hôpitaux,
dotées de personnels qualifiés
pour assurer le retour à domicile des
patients, tout particulièrement les personnes
âgées. Ces missions ne doivent pas être assurées par le système associatif,
reposant sur une bonne part de
bénévolat, cachant mal la sous-qualification
des personnes embauchées et
la précarité de leurs emplois. Cette
activité devra s’organiser en lien avec
les centres de santé.