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Publié le mercredi 16 mai 2012

La formation des professionnels



Dans ce domaine, les réponses apportées
tant par la réforme de la première
année des études médicales que par le
passage en catégorie A des infirmières
représentent des mesures partielles
sans logique globale à long terme.

Le concept d’Université de santé apparaît
le plus pertinent pour faire évoluer
les pratiques des professionnels vers une
approche coordonnée des problèmes
de santé. Comme le préconise l’OMS,
il nous semble évident que « pour travailler
ensemble, les professionnels de
santé doivent bénéficier de bases de
formation communes ».

La reconnaissance de l’ensemble des
formations aux métiers de la santé dans
le cursus universitaire Licence-Master-
Doctorat apparaît donc comme une
nécessité. Elle permettrait par ailleurs
la mise en place de passerelles au
niveau des différents métiers, tant en
formation initiale qu’en formation
continue, y compris dans le cadre des
dispositifs de validation des acquis et de
l’expérience (VAE). Elle ouvrira aussi
la porte à une nouvelle reconnaissance
des statuts et des salaires.

Pour autant, il apparaît essentiel de créer
de nouvelles formations, tant au niveau
de la spécialisation des infirmières que
de la professionnalisation de nouveaux
métiers, notamment dans le domaine
du vieillissement et de la dépendance.
Il faut également en finir avec des quotas
de formation ou numerus clausus ne
prenant pas en compte la réalité des
besoins croissants de la population. Une
politique nationale de formation, de
reconnaissance des qualifications et de
valorisation des emplois des métiers de
la santé doit constituer une priorité.

Qui dit formation, dit également
conditions d’études. Alors que des
dizaines de milliers de jeunes s’inscrivent
dans ces filières, un trop grand
nombre sont découragés dès les premiers
pas. Les taux d’échec au
concours sont parlants. Par ailleurs,
l’abandon en cours d’études n’est pas
négligeable. L’exemple des Instituts de
Formation en Soins Infirmiers (IFSI)
est parlant : quota annuel de 30 000
places, 24 000 étudiants intégrés en
première année et 21 000 diplômés au
bout de trois ans. Comment se fait-il
qu’alors que près de 60 000 jeunes
souhaitent intégrer ces formations,
6 000 places ne soient pas remplies et
que plus de 10 % des étudiants abandonnent
en cours d’études ? Une des
réponses que nous proposons est d’instaurer
un statut d’étudiant de santé
salarié sous contrat avec engagement
de service. Cette rémunération sera
modulée en contrepartie d’un engagement
d’exercice futur dans des territoires
prioritaires.

Par ailleurs, la formation continue des
médecins ainsi que la recherche médicale
qui dépendent actuellement quasi
exclusivement de l’industrie pharmaceutique
devraient s’inscrire et s’organiser
dans le cadre de l’université.
Nous abordons plus en détail cette
question dans la partie consacrée à
l’industrie pharmaceutique.