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Publié le mercredi 16 mai 2012

Principes d’organisation du service public de santé



Il est intéressant de
noter que les pays qui offrent à leur
population la plus longue espérance de
vie (Suède, Japon) se trouvent aussi être
ceux où la différence entre revenus et
classes sociales est la plus faible. Il apparaît
donc évident que tout ce qui
concourt à la cohésion sociale contribue
à améliorer la santé de l’ensemble
de la population.

À contrario, les pays
où les écarts de revenus sont les plus
importants et où une proportion élevée
de la population est exclue de l’accès
aux soins (États-Unis) ont des indicateurs
médiocres dans ce domaine.

Le système sanitaire doit être à même
de répondre à l’ensemble des besoins
de santé des populations dans le sens
de la charte d’Ottawa de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS) qui
définit la santé comme « une ressource
de la vie quotidienne qui permet,
d’une part, de réaliser ses ambitions
et satisfaire ses besoins, d’autre part,
d’évoluer avec le milieu et de s’adapter
à celui-ci ».
Par milieu, il faut comprendre
l’environnement familial,
social et de travail. Ce dernier est un
élément fondamental de la construction
identitaire de l’individu. Il est
structurant en matière de santé
publique.

L’accès à la santé est un droit pour
chaque individu dans notre société.
Au même titre que le droit à l’éducation,
au logement, à l’énergie, etc.,
bref à tout ce qui est nécessaire pour
vivre et se développer. Mais c’est aussi
un devoir pour tous que de l’assurer à
tous. Et puisque c’est à la Nation, toute
entière, d’assurer cet accès à la santé,
c’est à son émanation démocratique,
l’État, qu’il revient de garantir à
chaque individu, quels que soient ses
moyens financiers, son lieu de résidence
et son origine, l’accès à des soins
de qualité dans le cadre de la solidarité
nationale qui est le socle fondamental
de la Sécurité Sociale, en particulier
de l’Assurance maladie, telles qu’elles
ont été conçues à la Libération sur la
base du programme du Conseil national
de la résistance et, au-delà, qui est
le ciment de la République.

Il s’agit de mettre en place un véritable
Service public de santé financé et
régulé par les cotisations sociales, car
elles sont assises sur la création collective
de richesses, et non par l’impôt.
Ce service public doit s’appuyer sur
des services départementaux, régionaux
et nationaux relevant de la
Fonction publique avec des personnels
sous statut, ce qui garantit leur
indépendance.

Il faut donc rompre avec l’idée que la
santé n’est qu’une charge
, d’autant
qu’elle est fortement créatrice de
richesses. Outre la problématique des
moyens, il s’agit d’une question d’organisation,
de régulation du fonctionnement
et, en permanence, de
recherche. C’est au surplus une question
d’éthique.