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Publié le mercredi 2 novembre 2011

Pour l’essor de la culture



Aujourd’hui, lorsque nous parlons, avec beaucoup d’autres,
de démocratie culturelle, nous affirmons une conception de
la culture qui permette à chacun de s’inscrire dans le partage et
le développement de la culture commune. Se cultiver c’est bien
sortir de sa culture propre. Ce n’est pas faire sécession, c’est
entrer en partage d’un monde commun. La culture n’est pas un
continent à part, si essentiel soit-il. Elle se reçoit dans l’accueil
de belles diversités qui irriguent le « tout-monde » et qui, comme
l’évoque Edouard Glissant, sont appelées à inventer un peuple.

Permettre à chacun de se fonder et de se développer
comme être de culture, dans son individualité la plus singulière et
dans l’hospitalité qu’il offre à la culture d’autrui pour rassembler
sans uniformiser, est bien aussi une tâche syndicale.
Elle appelle à renouveler notre vision du travail, à en
mesurer ses capacités (culturelles) transformatrices, à avoir
confiance dans les capacités d’affranchissements des salariés,
dès lors que leurs dynamiques sont reconnues, rendues visibles,
mises en culture. C’est tout le travail de l’art et des activités proprement
émancipatrices d’ouvrir sur les polysémies du réel.

Articuler dans un document de congrès, dans la structuration
même du texte, démocratie culturelle et démocratie sociale,
est une avancée considérable. Considérer qu’elles s’appuient et
se conjuguent l’une l’autre élargit notre vision du syndicalisme,
nos conceptions et possibilités de rassemblements, enrichit nos
propositions de transformations sociales, nous met en position
meilleure pour défendre les créations et institutions culturelles,
porter des exigences envers les pouvoirs publics, le patronat.
Comment agir, syndicalement, mais aussi avec d’autres, à
ce que s’affermisse ce qui n’est encore qu’une intuition balbutiante ?
Nous savons que nous sommes nombreux à partager les mêmes préoccupations, à vouloir croiser les réflexions et à porter
des ambitions communes.

En Avignon, nous avons reposé cette
question, au moment où nous fêtions le soixantième anniversaire
du festival. Le document donné à cette occasion, qu’on va lire ici,
est né de rencontres et d’échanges auxquels ont participé les militants
de la Cgt, en beaucoup de lieux, avec d’autres amis du
mouvement associatif, du monde du travail, des artistes, des
chercheurs, des animateurs de l’éducation populaire, durant ces
deux dernières années. C’est un mélange. Ce texte tente de donner
cohérence à ces réflexions. Nous les versons au débat. Il s’inscrit
dans l’aventure culturelle de la Cgt et les met en perspective
des décisions de notre 48econgrès.

Il s’agit d’un travail commun de l’activité confédérale de
politique culturelle répondant à une demande collective pres -
sante de capitaliser l’acquis d’une réflexion. Il ne clôt pas. Il
ouvre. Il est maintenant à mettre en dispute, en discussion. C’est
un point, pas un point final, mais un point de situation, qui a été
donné en Avignon parce que ce festival demeure, aux yeux de
beaucoup, un des lieux prestigieux pouvant accueillir le renouvellement
d’une pensée, ici syndicale, sur la culture et le travail. Une
pensée pour agir.