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Publié le vendredi 5 février 2010
Saisonniers

Ces roulottes que je ne saurais voir !



Le logement est une préoccupation essentielle pour les saisonniers. Face à ce problème, la plupart des responsables de stations de ski préfèrent se voiler la face.

Un article de Régis Frutier pour le mensuel Ensemble de février 2010

Manifestement, ils font tache. La carte postale des sapins enneigés et des chalets de montagne aux toits immaculés est écornée par ces vieux autobus retapés gardés par des Cerbères accueillant le passant à grand renfort d’aboiements.
A la station des Carroz d’Arâches (Haute-Savoie), un panneau tout neuf vient d’être installé sur le parking face à la piscine, qui indique des tarifs : 10 € par nuit de stationnement, lequel est limité à deux semaines d’affilées sous peine de payer une amende quotidienne de 11 €. De fait, la mairie d’Arâches s’en tire bien avec cette décision répressive, puisque d’une douzaine de véhicules stationnés anarchiquement, il n’en reste plus que trois ou quatre aujourd’hui, pour lesquels il y aurait une tolérance tacite. La misère ira se cacher ailleurs. _ Bien évidemment, Madame le Maire reste injoignable pour la presse sur ce sujet. A la mi-décembre, la CGT avait dénoncé ces conditions de logement indignes faites aux saisonniers. « La nuit, la température descend à – 2°C dans les camions » témoigne l’un des résidents. « Il y a deux ans, il n’y avait pas d’eau, l’année dernière pas d’électricité et cette année c’est le summum : ni eau, ni électricité » ironise Géraldine Roux, secrétaire de l’union locale CGT de Cluses.

Les logements fixes en station sont loués en moyenne à 350 € la semaine. Tous les saisonniers, travailleurs précaires payés au SMIC, ne peuvent y accéder ou doivent – c’est souvent le cas – mutualiser des deux ou trois pièces pour partager les frais. Par ailleurs, celles et ceux qui ont investi des milliers d’euros pour un mobile home ne souhaitent pas nécessairement louer un appartement, qui est forcément plus onéreux. La solution passerait sans doute par le respect des engagements de la charte départementale signée en 2006 entre différents organismes de l’Etat, les représentants du patronat et des syndicats pour la promotion de l’emploi saisonnier en Haute-Savoie. Cet accord prévoit effectivement des efforts particuliers sur le logement, mais il comporte une grande faiblesse : « Nous avons récemment relancé le Préfet sur le dossier, affirme Géraldine Roux, mais il nous l’a bien précisé : cet accord ne contraint à rien. » Pour l’heure, la plupart des saisonniers ne comptent guère que sur le système D pour résoudre leurs problèmes de logement. Toutefois, ils savent aussi pouvoir trouver de l’aide en frappant à la porte de la CGT.

En savoir +
Pour connaître l’activité de la CGT en Haute-Savoie. Rendez-vous sur son site

ZOOM
Chaque année, la CGT mène une campagne sur le thème « saisonniers salariés à part entière et non pas entièrement à part » et distribue un guide des droits des saisonniers lors de ses initiatives dans les stations de ski ou aux barrières de péages. Pour connaître les initiatives prévues, se rapprocher des Unions départementales CGT concernées.
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Paroles de saisonniers



Erwan, 30 ans, originaire de Seine-et-Marne
L’avantage de vivre en camion, c’est que nous sommes flexibles sur les horaires et disponibles sur place pour les patrons. En saison, on accumule le maximum d’heures. Je travaille en restauration et je touche le Smic horaire avec une prime de logement de 150 €.

Anne, 30 ans, originaire du Béarn
J’ai choisi ce style de vie qui me convient parce que les plans de carrière, ce n’est pas mon truc. Aujourd’hui je suis femme de chambre et ce qui m’intéresse, c’est la rotation, c’est bouger aussi géographiquement. J’aime bien les projets, mais à court terme.

Ludo, 26 ans, originaire du Pays Basque
Chaque année, nous craignons de ne pas retrouver une place pour garer notre mobile home. Quand on a trouvé un bon endroit, il vaut mieux le taire car les places sont rares. On essaie de négocier d’année en année avec les patrons qui nous connaissent.

Charline, 27 ans, originaire de Bretagne
Les patrons veulent reprendre les gens qu’ils connaissent. J’ai commencé à faire la saison l’année dernière, en ce moment mon travail consiste à faire le ménage dans des locaux administratifs. En fait, j’ai du mal à rester sur un boulot fixe et je conçois cela de manière transitoire. Plus tard, j’aimerais travailler dans l’animation avec des enfants.