La cgt

NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Travail  >> Emploi  >> Saisonniers
Publié le mardi 8 juillet 2008

Une vraie force économique

Saisonniers

Les saisonniers font vivre des secteurs entiers de l’économie, notamment ceux
qui sont liés au tourisme et à l’agriculture.
État des lieux. Par Jacques Dimet

(Publié dans un supplément de huit pages de la Nouvelle Vie ouvrière sur les saisonniers en 2007)

Des centaines de milliers de
personnes en France travaillent
« à la saison », la
plupart dans le tourisme et dans
l’agriculture. Cela n’empêche pas
d’autres emplois saisonniers dans
quelques secteurs industriels,
notamment dans le monde de
l’agroalimentaire. Sans ces centaines
de milliers de saisonniers,
des pans entiers de notre économie
s’effondreraient. Le tourisme,
le commerce, l’agriculture
seraient sur le flanc.
Personne, aujourd’hui, ne peut
nier l’impact des saisonniers sur
les métiers qu’ils exercent ni l’impact
économique qu’ils ont sur les
branches professionnelles.
Et pourtant, les saisonniers, producteurs
de richesses, globalement
vivent mal, même si certains
d’entre eux ont choisi cette
vie, soit pour les métiers qu’ils
pratiquent et qu’ils aiment, soit
pour le mode de vie qu’elle
entraîne.
Mais, aujourd’hui, comme nous
le confiait un des responsables de
la Fédération CGT du commerce,
des milliers de travailleurs sont
contraints au travail saisonnier
parce qu’ils sont d’abord en situation
de précarité.
Et les premiers touchés, les plus
mal lotis, ce sont les jeunes. La
France vit depuis deux décennies
dans une relation complexe avec
le monde de l’emploi. Le chômage
est à un niveau élevé et aucune
politique n’a réussi à inverser
durablement la tendance. Les
seules solutions préconisées par
les équipes gouvernementales
sont toujours plus de flexibilité,
une remise en cause du code du
travail et une plus grande souplesse…
pour les employeurs.
Cette politique à courte vue vise
en fait à faire des profits immédiats
et non à assurer l’emploi
pour tous. Nous assistons là à une
inversion des valeurs : le fondamental
n’est plus le travail en lui même
mais les bénéfices pour les
entreprises, érigés en critère
absolu. Ce qu’ils désirent attaquer
en priorité, par-delà le code du
travail, ce sont les droits des salariés
et le Smic, qui est compris
dans les milieux patronaux
comme étant trop rigide et dissuaderait
ainsi toute velléité d’embauche.
La précarité, les salariés
malheureusement la vivent.
Trois
nouveaux emplois sur quatre sont
des CDD. Il serait cependant possible
de changer cette logique et
de mettre l’humain au centre de
toute politique économique.
On ne peut donc pas évoquer la
question des saisonniers, et la
défense de leurs droits, sans revenir
un tant soit peu sur les politiques
de l’emploi. Cette question
reste au premier plan des préoccupations
de tous.
Il est vrai
qu’avec un taux de presque 9 %, la
France ne figure pas parmi les
meilleurs éléments de l’Union
européenne et, plus largement,
des membres de l’OCDE. Depuis
vingt ans le taux de chômage n’est
jamais passé en dessous de 8%.
Ce sont les plus jeunes qui sont le
plus touchés. Ce sont eux qui forment
les gros bataillons des privés
d’emplois, les cohortes de précaires.
Ce sont donc eux qui,
majoritairement, cherchent des
« petits boulots » pour s’en sortir.
L’étude des statistiques de la précarité,
de l’intérim le montre.