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Publié le mercredi 7 mai 2008
Avantages familiaux retraite

On déshabille Paul pour habiller Jacques



Le gouvernement vient de réaffirmer que les économies réalisées dernièrement par des pertes de droits sur les allocations familiales seraient intégralement redistribuées aux familles, notamment pour le financement de l’accueil des jeunes enfants. Le ministre Xavier Bertrand, recevant les partenaires sociaux le 28 avril sur la poursuite de la réforme gouvernementale des retraites, préconise la prise en charge de la totalité des 10% de majoration des pensions des parents retraités ayant élevé trois enfants et plus par la branche Famille de la Sécurité sociale (Caf).

Jusqu’en 2001, c’est la branche retraite de la Sécurité sociale qui assurait le financement de ces droits des parents retraités. Depuis, 60% de ce financement a été transféré aux Caisses d’allocations familiales via le Fonds de solidarité vieillesse, pour un montant de 2,2 milliards d’euros/an.

Le gouvernement veut achever ce transfert qui occasionnera une dépense supplémentaire d’environ un milliard d’euros pour la branche Famille de la Sécurité sociale. Il envisage pour l’avenir que d’autres droits familiaux de retraite, actuellement financés par la branche vieillesse, soient pris en charge par la branche Famille de la Sécurité sociale. Actuellement, cette branche supporte déjà plus de 4 milliards d’euros/an pour assurer le financement des cotisations retraite des parents au foyer (AVPF). La branche Famille assurerait ainsi près de 7 milliards de droits à retraite des familles. Est-ce bien légitime ? Sans recettes supplémentaires, c’est en portant de nouveaux coups aux droits des familles ayant des charges d’enfants et par la faible revalorisation des prestations familiales que ces transferts pourront être assumés financièrement. De nouvelles coupes sombres dans le pouvoir d’achat des familles sont en perspective.

Les soi disant excédents de la branche Famille proviennent uniquement de l’abaissement constant des droits des parents salariés et des allocataires, de la perte de pouvoir d’achat phénoménale des prestations logement alors que les montants des loyers explosent, de l’écart grandissant entre des recettes assises sur des prélèvements sur salaires et de prestations revalorisées sur un indice prévisionnel des prix , mécanisme en cours également pour l’évolution des pensions de retraite et qui fait des ravages dans les budgets, tant des famille que des retraités.

La Cgt réaffirme la nécessité d’une réforme du financement de la Sécurité sociale permettant d’accroître ses recettes pour répondre aux besoins de la population.

Montreuil, le 29 avril 2008