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Rencontre interrégionale – Besançon

« Il y a des luttes victorieuses qui donnent des éléments de confiance ».

vendredi 30 janvier 2015 , par Sabine Ferry

Pas moins de 150 militantes et militants des régions Alsace, Bourgogne, Franche-Comté et Lorraine se retrouvaient, à Besançon, le 22 janvier dernier, afin de partager leurs succès.

photo : Jean-Pierre Bovy
Parce qu’« il n’y a pas de petites luttes », de nombreux syndicats étaient représentés et plus d’une quarantaine de militant(e)s ont pu ainsi partager leurs expériences, témoigner des succès emportés ces derniers mois concernant les salaires, la syndicalisation et la progression de la CGT, en matière d’amélioration des conditions de travail. Certains ont eu l’occasion de raconter comment des obstacles ont pu être surmontés, ou tout simplement comment d’autres ont découvert la CGT, ses valeurs, et ce qu’il y avait derrière « des mots qui font parfois peur quand on ne les connait pas, voire quand on les stigmatise : action collective, grève, rapport de force…  ».
Pari doublement gagné dans un contexte national dramatique et dans un climat de crise interne à la CGT. Si en effet, les organisateurs de ces conférences se sont posés la question de leur tenue, il a semblé nécessaire à Philippe Lattaud, dirigeant de la CGT, de maintenir ce rendez-vous franc-comtois : « La CGT, ce n’est pas uniquement ce qui se passe dans ses instances dirigeantes, assure-t-il. L’actualité CGT, c’est surtout et avant tout la multitude, la richesse, la diversité des actions, des syndicats, des militantes et militants qui agissent avec les salariés  ».

La CGT, une belle rencontre
Guy se définit justement comme « apprenti CGT  » depuis mai 2014. Il est salarié dans une Maison des jeunes et de la culture (MJC), après y avoir longtemps été bénévole. Confronté à une direction « perverse », il a d’abord été témoin de la souffrance au travail de ses collègues, avant de la subir également, en tombant notamment en dépression. « Fort heureusement, j’ai rencontré les militants de l’union locale de Dole, le monde qui est le vôtre, le mien aujourd’hui », confie-t-il à l’assemblée. Un combat s’est alors mené contre le directeur, suite à la mise à pied de Guy, parce que « j’avais dénoncé la souffrance, les abus financiers, les abus de gestion, etc. », précise-t-il. Le combat a été fructueux pour les salariés, et Guy a pu « remonter la pente » grâce au soutien de la CGT et à l’esprit « chaleureux et fraternel  » de ses nouveaux « camarades  ».

Rassembler les travailleurs isolés
Elizabeth, employée à la fédération rurale du Doubs, évoque la nécessité de rassembler les travailleurs isolés exerçant dans les secteurs de la petite enfance, du service à la personne, dans certains milieux associatifs ruraux.
Elle donne notamment l’exemple de la création, il y a deux ans, d’un photo : Jean-Pierre Bovysyndicat de service à la personne. Alors que pour la plupart, ces travailleurs, essentiellement des femmes, n’avaient aucune connaissance de leurs droits, que certains d’entre eux vivent en grande précarité, voire sous le seuil de pauvreté, deux ans après la création du syndicat et malgré l’éclatement des sites, la CGT a emporté 79% des voix et tous les sièges CE/DP aux dernières élections professionnelles. Un excellent résultat obtenu après un travail spécifique au plus près des salariés et qui prouve, selon Elizabeth, qu’ « ils sont en attente et ont besoin d’être soutenus  ».

Parrainer le syndicat d’à côté
La Moselle-est a longtemps été un bastion du syndicalisme. Dans ce bassin minier, la culture et l’expérience militante y est forte, les syndicats puissants. Mais les mines ont fermé et la région a opéré une reconversion. Des entreprises s’y sont implantées, comme l’usine Smart. Bernadette, de l’union départementale, souhaite partager l’expérience de parrainage de «  l’entreprise d’à côté  » menée depuis plusieurs années. Des syndicats investissent les unions locales et, ensemble, mutualisent leurs moyens pour parrainer : «  Que chaque syndiqué se sente responsable du syndicat voisin ». Une pratique, un « défi d’organisation », selon la militante, et qui a prouvé son efficacité en Moselle, assure-t-elle.
Est-ce grâce à ce procédé qu’à la Smart, site créé en 1997, seuls deux salariés étaient syndiqués à la CGT en 2002, et qu’aujourd’hui, ils sont 50. Et le rapport de force y est si puissant que les salariés ont obtenu 5% d’augmentation par an. D’ailleurs, pour la petite histoire, Nordine, délégué syndical de l’usine, a un jour été interpellé par la DRH qui lui a fait remarquer que si les salariés continuaient à se battre pour les salaires, ils ne toucheraient plus les APL ! « Je lui ai répondu que notre but est qu’ils puissent payer des impôts et ne plus être travailleurs pauvres ! »

La victoire exemplaire des salariés de Sénerval
En Alsace, 90% des salariés de Sénerval, usine d’incinération de déchets de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS), étaient en grève en 2014. Exposés notamment à des cendres toxiques contenant des agents Cancérogènes, Mutagènes ou Reprotoxiques (CMR), ils Photo : Jean-Pierre Bovyn’acceptaient plus leurs conditions de travail nuisant gravement à leur sécurité et leur santé. C’est après 80 jours de combat et de détermination qu’un protocole de fin de conflit a été signé, le 10 juin, entre les délégués syndicaux et le groupe Séché environnement, en présence du Préfet et du Président de la CUS. Les conditions de travail ont été sécurisées et des recrutements ont été faits. Une victoire gagnée dans la souffrance, se souvient Labben Atef, tout jeune délégué syndical, meneur de la lutte. Piquet de grève, nuits à dormir devant l’usine… « La détermination des grévistes, le courage des collègues, le soutien de la CGT et de la population nous ont permis de gagner. Grâce à cette lutte, on a appris à se réunir, à se défendre les uns les autres et à retrouver notre dignité. Avant, nous étions des esclaves ».

Le témoignage du jeune militant a fait chaud au cœur. Pour Jacques, retraité, dans la situation présente, « il y a des luttes victorieuses qui donnent des éléments de confiance ».

- Voir le dossier sur les rencontres interrégionales

- Lire le compte rendu de la rencontre d’Angers