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Publié le vendredi 8 septembre 2006

Vers une nouvelle confédération syndicale internationale



Dans un article paru dans Le Peuple du 13 septembre 2006, Bernard Thibault rappelle que la Cgt s’est engagée dans le processus de construction d’une nouvelle organisation syndicale mondiale "unitaire, indépendante et démocratique".

La tenue du 48e congrès de la Cgt a été l’occasion de réfléchir et de confirmer notre engagement dans le processus de construction d’une nouvelle organisation syndicale mondiale.
Depuis la tenue de notre congrès, ce processus s’est poursuivi : les statuts de la nouvelle « Confédération syndicale internationale » ont été finalisés. Un programme d’action est soumis aux organisations candidates à son adhésion.
Conformément au document d’orientation adopté par les syndicats au 48e congrès, le Comité confédéral national qui se réunira fin septembre sera saisi afin que la Cgt se déclare parmi les organisations fondatrices de cette nouvelle internationale, respectant en cela nos dispositions statutaires.
La commission exécutive proposera une délibération au Ccn dans ce sens.
Il est important de noter que les principes et les objectifs fondamentaux que s’assigne la future organisation, sont totalement conformes à notre conception du syndicalisme.
L’organisation s’affirme « unitaire, indépendante et démocratique », « ouverte, pluraliste, respectueuse de l’autonomie des organisations affiliées ».
Elle déclare « le travail humain d’une valeur supérieure au capital » ; « agir pour le respect universel des droits fondamentaux, pour la paix, la démocratie ». Elle entend « construire un syndicalisme de transformation sociale ouvrant la voie à une mondialisation qui profite à tous ».
La Cgt avec d’autres organisations, a contribué à ce que de tels principes et objectifs soient retenus.
Le congrès fondateur, fixé en novembre 2006, marquera, en fait, le début d’un processus nouveau pour les forces syndicales au niveau mondial, et chacun a bien à l’esprit que c’est par la pratique que la nouvelle organisation devra faire ses preuves et finaliser ses modes d’organisation.
Il en sera ainsi s’agissant de l’articulation de l’organisation avec les fédérations professionnelles mais aussi avec ses organisations régionales.
D’ores et déjà, plusieurs choix attestent de la volonté de rassemblement du syndicalisme dans le respect des diversités de chacun. Ainsi, chaque organisation affiliée garde son autonomie mais il est justement fait appel à la responsabilité de toutes pour mettre en oeuvre les décisions prises ensemble.
Des organisations nationales pourront avoir le statut d’« organisations associées » si elles doivent pour des raisons notamment statutaires qui leur sont propres, en passer par cette étape.
Une modulation des cotisations devrait permettre aux confédérations des pays les plus pauvres de compter tout autant que les autres dans les délibérations de l’internationale.
C’est donc un moment historique qui se prépare après 60 ans de division syndicale au plan international.
Il y a plus de dix ans déjà, lors des 44e et le 45 e congrès, la Cgt constatant les divergences graves avec la Fsm, dont elle était fondatrice, appelait de ses voeux un renouveau du syndicalisme international.
A leur tour, la Cisl et la Cmt, leurs affiliés, ont constaté combien il était préjudiciable à l’ensemble du mouvement syndical de pérenniser la division au risque de contraindre le syndicalisme à avoir toujours une longueur de retard sur la globalisation économique et sociale.
Cette nouvelle opportunité doit être saisie avec lucidité et confiance. Chaque organisation est confrontée aux conséquences engendrées par l’accélération et l’élargissement de la mondialisation, à la mise en concurrence généralisée des salariés. Il est clair qu’isolés ou exclusivement cantonnés dans nos territoires nationaux, nous ne pourrons pleinement peser sur le cours des événements.
L’unification du syndicalisme à l’échelle mondiale est une absolue nécessité ressentie maintenant par la plupart des syndicalistes du monde.
La Cgt, fidèle à son histoire et à ses valeurs, se doit d’être de ce rendez-vous.

Bernard Thibault
secrétaire général de la Cgt