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Publié le mardi 6 septembre 2005

Une rentrée techniquement réussie ? surtout une nouvelle occasion ratée



La Cgt exige un service public d’éducation qui permette aux jeunes d’acquérir un haut niveau d’éducation, de formation afin que salariés-es, citoyens-nes puissent assurer leur droit à la formation tout au long de la vie. La loi Fillon est, a contrario, une loi régressive.

Après des déclarations qui se voulaient « apaisantes », le nouveau ministre de l’Education nationale a fait le choix d’un passage en force pour la mise en œuvre de la « loi Fillon » en publiant cet été des décrets pourtant rejetés par le comité technique paritaire ministériel du 13 juillet 2005.
Sa démarche se conjugue avec des effets d’annonces démagogiques sur la création d’emplois pour accompagner la vie scolaire, dans les écoles, collèges et lycées.

Après la suppression organisée des Maîtres d’Internat–Surveillants d’Externat, au statut reconnu contribuant à l’aide sociale aux étudiants, après la disparition des emplois jeunes, le gouvernement reconnaît ainsi la nécessité d’une présence plus importante d’adultes dans les établissements. Pourtant, il n’a cessé de réduire cette présence en supprimant en 3 ans 80 000 emplois, de toute nature, dans les établissements scolaires. Ce dispositif va se mettre en place dans des conditions encore de plus grande flexibilité et plus grande précarité, sans espoir de qualification ni d’accès futur à un emploi stable.

Cela ressemble aux « contrats emploi » proposés aux salariés pour deux ans, sans garantie.

L’annonce de ces emplois ne saurait masquer les effets de la loi Fillon et ses conséquences sur la qualité du service public d’enseignement proposée aux jeunes. Notamment au travers de :
- la suppression des TPE en terminale alors qu’ils permettaient aux lycéens une ouverture nouvelle et une préparation à l’enseignement supérieur ;
- la remise en cause de l’accueil en maternelle des « petits », et qui n’est pas sans conséquence pour les familles et les perspectives de réussite scolaire.
Cette loi a fait l’unanimité contre elle des lycéens, des syndicats de l’Education nationale et de la majorité des confédérations, mais le gouvernement dans sa logique libérale a choisi de passer outre, de répondre aux lycéens par la répression contre laquelle la Cgt s’élève et agira avec détermination.

Le projet de budget 2006 confirme ces orientations puisqu’il se traduira par 4000 suppressions d’emplois divers dans les lycées et collèges. La création de 1000 postes pour l’enseignement primaire est loin de répondre aux besoins puisque cette année il y aura 40 000 enfants supplémentaires à scolariser.

De plus, cela s’inscrit dans une démarche à courte vue.., sans prise en compte du renouveau démographique et de sa traduction dans les collèges et lycées d’ici 3 à 5 ans. Les besoins en personnels d’enseignement et d’éducation vont croître.
Va-t-on reproduire dans l’éducation nationale ce qui se produit dans la santé, à savoir une crise majeure par pénurie de personnels qualifiés, faute d’avoir anticipé les départs et pris en compte les besoins ?

C’est aussi dans ce contexte que s’inscrivent :
- la suppression des dédoublements et de nombreuses options qui contribuaient au choix des jeunes pour leur orientation,
- le licenciement massif des contractuels et vacataires qui se conjugue avec le dispositif de la loi Fillon par l’obligation pour les enseignants de l’établissement d’assurer au pied levé les remplacements de courte durée.

Si cela peut répondre à l’attente des parents, cela va se faire au détriment des conditions de travail des personnels et de la qualité du service public.
Le ministère peut afficher une rentrée techniquement réussie, elle n’est que l’arbre qui cache la forêt. Déjà des luttes sont en cours, soutenues par la Cgt, particulièrement sur les effectifs des classes en primaire et sur l’accueil en maternelle.

La Cgt exige un service public d’éducation qui permette aux jeunes d’acquérir un haut niveau d’éducation, de formation afin que salariés-es, citoyens-nes puissent assurer leur droit à la formation tout au long de la vie. La loi Fillon est, a contrario, une loi régressive.

Enfin la rentrée scolaire est toujours aussi coûteuse pour les familles. Dans cette période où le pouvoir d’achat subit des attaques quotidiennes (produits pétroliers, gaz, téléphone, transports…..) la revendication d’une réelle gratuité scolaire est encore plus indispensable.
C’est pour toutes ces raisons que la Cgt s’emploie à :

  • faire connaître ses propositions pour construire des solutions alternatives avec tous les salariés.
  • créer les conditions du développement de l’action dans un cadre le plus unitaire possible, parce que l’école, comme les autres services publics, est un enjeu majeur pour le devenir des jeunes, le progrès économique et social du pays.