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Salaire minimum en Allemagne

Une avancée contre la mise en concurrence des salariés

jeudi 3 avril 2014
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A la veille d’une journée d’action des syndicats européens pour exiger la mise en place d’un véritable plan d’investissement des pays de l’Union, ainsi que l’accès des chômeurs à un travail de qualité et à un revenu minimum pour tous et partout, la CGT voit d’un œil encourageant la décision du gouvernement allemand d’instaurer un salaire minimum dans tout le pays, d’ici 2017.

A partir du 1er janvier 2015, les accords précédemment signés dans les branches se verront progressivement substitués par l’application de cette mesure. Fixé à 8,50 euros brut de l’heure, soit 1,03 euro inférieur au Smic horaire français, il n’en demeure pas moins une avancée pour des millions de salariés allemands.

Pour la CGT, l’instauration d’un salaire minimum en Allemagne renforce l’exigence de sa généralisation à tous les pays européens, et remet ainsi en cause le dumping social et la progression du chômage en Europe et ses conséquences sur le niveau de pauvreté, de précarité et d’exclusion.

La CGT déplore que le jour même où des mesures sont prises pour ouvrir des droits nouveaux aux travailleurs allemands, l’ancien patron de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Pascal Lamy, proche du Président François Hollande, ose réclamer « d’aller vers davantage de flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au smic » pour s’attaquer au chômage. Ce « conseil amical » au gouvernement fraîchement remanié ressemble de très près à ce que les mobilisations des jeunes, étudiants, salariés ont repoussé, en 1993 contre le CIP et en 2006 contre le CPE.

A mauvais diagnostic, mauvais remède. Les politiques d’austérité salariale ont montré leur nocivité sociale et leur inefficacité économique. Pour créer des emplois, la croissance est indispensable. Et pour que la croissance reparte, il faut augmenter les salaires et les pensions.

Le problème des entreprises, ce n’est pas la concurrence en Europe : c’est l’absence de coopération et de politique d’investissement. A cet égard, l’ensemble des syndicats européens fait des propositions chiffrées pour consacrer 2% du PIB européen pendant dix ans, à la relance de l’investissement industriel.

La CGT appelle tous les salariés, les privés d’emploi et les retraités à se mobiliser, partout en France, le 1er mai prochain, et dans le cadre de la Journée d’action européenne, ce vendredi 4 avril, afin d’exiger une croissance durable, des emplois de qualité, et la mise en œuvre d’un plan d’investissement tournant le dos aux politiques d’austérité qui conduisent à davantage de récession et au désastre économique et social.

Montreuil, le 3 avril 2014