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Atteinte à la liberté de la presse

Un journaliste arrêté en Tunisie

lundi 13 février 2017

Le journaliste indépendant Franck Dépretz a été arrêté le 3 février dernier en Tunisie, alors qu’il enquêtait sur les conditions de travail au sein de la SAIPH pour le compte du trimestriel Moins Une. Dans un communiqué publié le 9 février, le SNJ-CGT lui apporte son soutien.

Franck Dépretz, journaliste indépendant en reportage pour le trimestriel Moins Une, a été arrêté alors qu’il enquêtait sur les conditions de travail au sein de la Société arabe des industries pharmaceutiques – SAIPH – en Tunisie.

Principale fabricante de médicaments du pays, cette société compte près de 600 ouvriers en banlieue de Tunis et travaille notamment pour les laboratoires pharmaceutiques français Servier et Sanofi.

Après avoir rencontré le directeur général de la SAIPH le 30 janvier, Franck Dépretz se rend à l’usine de l’entreprise le 3 février sur invitation du syndicat UGTT (Union générale tunisienne du travail). Il y interviewe le directeur administratif et financier de la SAIPH en présence du délégué syndical. Deux policiers font alors irruption dans la pièce, proclamant : « Vous n’avez pas d’autorisation de tournage en Tunisie. Vous n’avez pas fait de demande auprès de l’ambassade de France. » C’est sur ces mots qu’ils procèdent à son arrestation.

Durant les neuf heures qu’il passera au commissariat, les motifs invoqués pour son arrestation évolueront continuellement : « Absence d’autorisation de reportage du ministère de l’Intérieur », plainte déposée par la direction de la société SAIPH à son encontre pour « introduction illégale dans ses locaux », « usurpation d’identité », « absence d’ordre de mission prouvant que Franck Dépretz est effectivement en situation de travail en Tunisie », allant jusqu’à « espionnage économique au profit d’une entreprise concurrente étrangère ». Il n’en sortira que grâce à une importante mobilisation syndicale et diplomatique.

Cette arrestation est très clairement une atteinte à la liberté de la presse, et visait à intimider Franck Dépretz pour qu’il cesse son enquête sur une société dont l’État tunisien est actionnaire, enquête risquant de fragiliser les intérêts capitalistes en Tunisie : bien qu’elle soit une conquête du peuple tunisien depuis la chute de Ben Ali, la liberté d’expression demeure extrêmement fragile.

Dans son communiqué, le SNJ-CGT « apporte son soutien plein et entier à [...] Franck Dépretz. Il appelle solennellement l’État tunisien à faire respecter la liberté de la presse, et veillera avec une attention particulière à son exercice dans le pays berceau des soulèvements arabes. »

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