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Publié le vendredi 26 septembre 2014

Situations indécentes de travail : en France aussi !



Dans notre pays, on peut trouver maints exemples de ce qu’il est convenu d’appeler "délocalisation sur place" et autres situations indécentes de travail . L’exploitation de travailleurs sans papiers, le recours massif de certaines filières aux salariés détachés, la sous déclaration d’heures de travail, le travail non déclaré. Ces abus ne sont pas, loin s’en faut l’apanage de petites entreprises. Exemples...

Dans la construction, on trouve de nombreux salariés détachés de la sous-traitance internationale ou d’une entreprise au sein de groupes transnationaux, salariés intérimaires recrutés par des agences ou des filiales étrangères, salariés sans papiers, travailleurs indépendants dont le contrat est signé ailleurs qu’en France, etc.
Depuis plusieurs années, la fédération CGT de la construction travaille sur la problématique des travailleurs détachés et coopère avec les syndicats de plusieurs pays européens, les fédérations européenne et mondiale. La question du manque à gagner pour les caisses sociales du BTP est particulièrement soulignée.

Pour la Marine marchande se pose en plus le problème des pavillons des navires. Très peu de navires sont du 1er registre (100% français), de plus en plus de navires travaillant en France dépendent d’armateurs étrangers, de pavillons étrangers avec des conditions étrangères. Ce sont pour la plupart des sociétés de « Manning », basées à l’étranger, qui envoient des marins sur les navires. Le code des transports français cautionne ces pratiques. La fédération CGT des Marins connaît bien ces méthodes et elle a travaillé un décret d’application, sur les conditions qui devraient être celles du pays d’accueil, mais qui en passant au Sénat a été vidé de ses points forts.

Pour le Spectacle, plusieurs autres problématiques existent : les tournages effectués hors de France dans des paradis fiscaux ; les activités nationales, européennes ou mondiales comme les spectacles, orchestres, etc. qui font des tournées ici avec des conditions sociales du pays d’origine, les problèmes de visas ou de papiers selon les pays…

Dans le commerce, on connaît particulièrement le travail « dissimulé », les conditions de travail et les heures de travail hors normes effectuées notamment dans les hôtels-cafés-restaurants, dans les services à la personne, dans les TPE/PME ou encore dans la « sécurité » où sont employés de nombreux travailleurs sans papiers.

Pour les Banques Assurances, le problème est jusqu’à présent plutôt celui de la délocalisation vers le Maroc, l’île Maurice ou l’Inde. Des personnels français vont à l’étranger pour former et installer des pôles, mais au final tous les métiers de ce secteur et pas seulement les centres d’appels sont délocalisés.

Pour l’Energie, avec EDF qui reste essentiellement maitre d’ouvrage, le plus gros problème est celui de la sous-traitance en cascade qui atteint des records (exemple Flamanville, Iter ou le terminal méthanier). De nombreuses luttes ont été et sont engagées, notamment avec la CGT Construction.

Pour les travailleurs sans papiers, des premiers acquis importants ont été engrangés. Mais il reste encore beaucoup à conquérir : l’application partout de la circulaire de régularisation, son dépassement, notamment pour sortir les travailleurs migrants du travail non déclaré par l’employeur.
Pour les travailleurs venus individuellement des pays du sud de l’UE, plusieurs unions départementales CGT luttent contre des situations de grande surexploitation au travail.