La cgt

NOUS SUIVRE
  
Publié le lundi 15 décembre 2014

Travail du dimanche, travail de nuit : refusons la régression sociale !



Le projet de Loi Macron, véritable accélérateur de
casse sociale, soutenu sans surprise par le patron du
Medef, nous conduit tout droit vers une généralisation
du travail du dimanche et de nuit.

Cette proposition de loi sur l’activité économique est
un leurre qui remet en cause notre modèle de société
au motif que cela créerait de l’emploi et de la croissance,
une aberration et un non-sens économique dont l’ensemble
des salariés ferait encore les frais.

Modification des zones touristiques, des zones activités
avec un « potentiel » commercial, douze dimanches
ouverts à la demande des maires, instauration de zones
internationales décidées par décret sur proposition du
ministre dans lesquelles les salariés travailleraient
jusqu’à minuit, intégration des gares dans ces nouveaux
périmètres…

Le modèle de société que ce projet de loi dessine, c’est
un monde, une France, où le vivre-ensemble, le temps
d’éducation, de repos, de loisirs, le temps consacré à ses
proches, devraient être sacrifiés sur l’autel des marchandises.

Dans les faits, il s’agit de déréglementer le temps de
travail, de rendre les salariés taillables et corvéables à
merci, de consolider les parts de marchés des grandes
enseignes au détriment des petits commerces. Comment
imaginer qu’une telle recette puisse relancer l’économie
et créer de l’emploi ? De nombreux rapports et économistes
démontrent que ce postulat est faux, tout comme
les études menées par l’Inserm ont fait la preuve de la
nocivité du travail de nuit sur la santé, à commencer
par le risque de développer un cancer.

Travailler la nuit et le dimanche n’est pas un choix !

Non, le volontariat dans ce domaine n’existe pas ! Qui
peut y croire, quand, dans les grandes enseignes du
commerce, 70 % des salariés sont des femmes, dont
50 % des familles monoparentales vivant avec moins
de 1 000 euros par mois ? Qui peut également croire
que le Medef ne tentera pas très rapidement de remettre
en cause les compensations salariales promises, alors
que chaque jour il rogne sur les salaires au nom « du
coût du travail » ?

Même la mission d’information et d’évaluation demandée
par la Mairie de Paris conclut que « Les conséquences
sociales sont très lourdes »
et confirme qu’il
s’agit d’une aberration consumériste au nom de laquelle
seraient remis en cause notre bien commun et la place
de l’humain dans notre société.

Pour la CGT, ce projet est inacceptable. Le progrès,
ce n’est pas d’ouvrir les commerces 24h sur 24 h, 7 jours
sur 7, et de contraindre les salariés à plus de précarité,
de pression et à une surenchère : demain, des secteurs
comme les banques, les crèches ou les transports seront
très fortement impactés !

La CGT revendique un autre choix de société recherchant en priorité le bien vivre et bien travailler tous ensemble !

Contre cette logique libérale, la CGT propose :
- augmenter les salaires pour relancer la croissance,
avec un Smic à 1 700 euros brut ;
- traduire immédiatement la hausse du Smic dans
tous les minima de branches ;
- obtenir une allocation d’autonomie pour les étudiants
 ;
- conditionner les aides, les exonérations des cotisations
sociales et le Crédit Impôt Compétitivité
Emploi (CICE) à la création d’emplois stables et
à l’investissement ;
- mettre fin au temps partiel subi ;
- taxer les contrats à temps partiels de moins de 24h
hebdomadaires sur la base d’un temps plein.