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Tour de France social 2014

Tourisme social : qualité et précarité

dimanche 20 juillet 2014 , par Philippe Gelinaud

Samedi 19 juillet : les caravanes CGT des saisonniers s’arrêtent aujourd’hui à Dieppe (Seine-Maritime) et à Briançon (Hautes-Alpes). C’est aussi vers les Hautes-Alpes que se dirige la caravane CGT-NVO qui suit le Tour de France cycliste entre Grenoble et Risoul, et rejoint ainsi la caravane des saisonniers à Briançon, au pied de la montée du col d’Izoard.

Tourisme social en briançonnais : un tourisme de qualité pour les vacanciers et les saisonniers, mais la précarité est toujours là

En faisant étape dans le Briançonnais, la caravane CGT des saisonniers et celle du Tour de France cycliste rencontrent notamment des salariés d’un centre de tourisme social. Ils défendent tous ardemment le concept de tourisme social, qui permet de proposer des vacances de qualité à un public peu fortuné tout en respectant les salariés.

Ils ont tous fait des saisons « ailleurs », mais qu’ils travaillent dans ce centre pour la première fois ou depuis des années, ils sont unanimes : ici, ils sûrs d’être payés pour les heures effectuées, d’avoir leurs jours de repos respectés et un contrat jusqu’à la fin de la saison.

Les saisonniers expliquent aux militants CGT que la situation n’est pas idyllique pour autant. Le salaire, c’est le SMIC, et à la fermeture du centre, c’est le retour à Pôle emploi. Il y a peu de chance d’obtenir un CDI en restant au pays et c’est difficile d’avoir accès à la formation professionnelle entre deux saisons.

Les perspectives d’emploi stable sont faibles dans le Briançonnais et de nombreux employeurs en profitent. Les témoignages fusent et Christelle raconte ainsi qu’avant d’être embauchée au centre, elle a eu une proposition d’emploi pour le mois d’août : 1 200 euros pour travailler tout le mois, dix heures par jour et sans aucun jour de repos. Ou encore, un grand groupe fait miroiter des CDI et en profite pour ne pas payer les heures supplémentaires. Il donne les jours de repos quand ça lui chante, au salarié de montrer sa « motivation » s’il veut être embauché en CDI.

« Être saisonniers, c’est être chômeur le reste de l’année »

Les saisonniers abordent aussi la question des démêlés avec Pôle emploi : être saisonnier, c’est être un chômeur le reste de l’année. Entre les délais pour être inscrit, car l’employeur n’a pas donné l’attestation de fin de contrat ou les fiches de paye, les radiations et les trop perçus, la liste des doléances est longue. Surtout, qu’il est difficile d’atteindre le seuil fatidique des quatre mois de cotisations pour pouvoir être indemnisé, car la saison se concentre sur deux mois. Alors, c’est la chasse au petit boulot, n’importe lequel, pour obtenir les précieuses heures.

Des conséquences de la saisonnalité sur le logement et les services

Durant ces rencontres entre militants CGT et saisonniers, il est aussi question du problème du logement : Briançon, c’est 30 000 habitants à l’année, mais 150 000 durant l’été et 300 000 l’hiver. Un saisonnier témoigne : « On peut se retrouver en colocation à huit, sans jamais vraiment pouvoir se reposer, car chacun a des horaires décalés. »

80% des emplois étant saisonniers et précaires, cela a aussi des conséquences sur l’organisation et la pérennité des services publics : l’avenir même de l’hôpital, premier employeur avec 600 salariés, est menacé. Depuis 2012 et l’annonce de la fermeture du service de réanimation, tous les partis politiques et tous les syndicats se battent pour la préservation des services publics de santé. Le combat continue, car un report avait été annoncé avant les élections municipales, mais très vite oublié juste après, le parti gouvernemental ayant subitement retourné sa veste. Mais les militants de l’union locale CGT, toujours plus nombreux, restent vigilants, et le travail de proximité aussi bien avec les saisonniers qu’avec ceux qui travaillent toute l’année dans le Briançonnais, a déjà permis d’obtenir de nombreuses victoires.

- Voir notre dossier spécial « Tour de France social »