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Publié le vendredi 7 janvier 2000

Tchétchénie



Contrairement au 1er conflit désavoué par la population, l’Union sacrée a été réalisée autour de la 2de intervention en Tchétchénie que ses partisans tentent de justifier par les incursions des milices tchétchènes au Daghestan et les attentats terroristes inacceptables qui ont endeuillés la Russie. La population russe se sent atteinte dans sa dignité et sa fierté. Elle est en but aux difficultés quotidiennes. Elle est moteur et objet de la vague nationaliste qui a envahi toute la vie publique y compris le monde syndical et ne peut résister au matraquage médiatique. Le conflit a permis de détourner son attention à la veille des élections. Pourtant, d’anciens dissidents, des associations de défense des droits de l’homme, les comités de mères de soldats, quelques dirigeants de régions autonomes se retrouvent pour s’opposer à la guerre.

L’armée a l’occasion de prendre sa revanche sur l’Afghanistan et le 1er conflit en Tchétchénie et d’expérimenter des armes et des matériaux nouveaux. Les dirigeants de l’industrie militaire sont très satisfaits. Ce conflit permet l’augmentation du budget militaire et relance les commandes. Pour les gouvernements russes successifs, le Caucase a été une zone naturelle d’influence. Les ressources recensées ou potentielles en hydrocarbure de la Mer Caspienne et du Caucase et leur transport sont l’objet de toutes les convoitises. Le contrôle de ces régions est une des clés de l’approvisionnement du monde développé à l’avenir, en particulier des Etats-Unis qui, en 1997, décrétèrent le Caucase Zone d’intérêts stratégiques de l’Occident.

Les Russes ne peuvent faire transiter le pétrole de la Caspienne que par le Caucase. L’accord signé le 11 novembre 1999, sous le patronage des Etats Unis, entre l’Azerbaïdjan, la Turquie et la Géorgie pour la construction d’un oléoduc met en danger la rentabilité du tracé russe. L’indépendance auto proclamée de la Tchétchénie les avait privé de l’oléoduc passant par Grozny - le plus court trajet - et les installations au Daghestan n’étaient plus sûres.

La guerre de l’information est totale. Les journalistes et les représentants d’organisations humanitaires qui veulent s’approcher d’un peu trop près sont arrêtés et expulsés. Les généraux russes peuvent faire la guerre sans témoins gênants et les soldats russes paient aussi le prix de ce silence. Après le 1° conflit, la Russie n’a pas réussi à assurer les financements prévus pour reconstruire la Tchétchénie et la région s’est enfoncée dans la pauvreté et la violence. En Russie, 51 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. En revanche, 800 millions de dollars supplémentaires sont prévus pour le financement de la défense. Les peuples de la région sont les otages d’intérêts géopolitiques et économiques dont ils ne tirent aucun profit.

Le Caucase offre un bilan économique médiocre. Le débat sur l’organisation politique est au point mort. Ces régions voient leurs difficultés aggravées par l’arrivée de réfugiés , de déplacés et de civils, victimes des bombardements ou des attaques contre les colonnes de réfugiés - des réfugiés poussés au départ ou au retour au gré des intérêts stratégiques Comment reconstruire la confiance de la population tchétchène dans les hommes politiques et les gouvernements qu’ils soient russes ou tchétchènes qui n’ont pas su respecter leurs engagements. La survie des civils tchétchènes est l’enjeu immédiat de la lutte pour un cessez-le-feu. Au-delà, c’est l’avenir du Caucase et de la Russie qui se joue.

Pour que les Tchétchènes et les Russes aient vraiment le droit de choisir leur avenir, une mobilisation est nécessaire face à la timidité voire à l’acceptation tacite des gouvernements occidentaux. Quatre organisations syndicales françaises, la CGT, la CFDT, la CFTC et l’UNSA se sont retrouvées pour dénoncer la situation faite aux populations civiles et exiger un cessez-le-feu immédiat.