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Publié le mardi 20 février 2007

Sur l’avenir des universités françaises, le ministre et la CPU : les mêmes mauvaises solutions



La Cgt appelle l’ensemble des acteurs à s’opposer aux orientations libérales et à formuler des propositions alternatives de développement et de rénovation du service public

Lors du colloque annuel de la CPU, le ministre délégué de l‘Enseignement supérieur et de la Recherche, François Goulard, a développé les réformes qu’il considère indispensables pour l’Enseignement supérieur et la Recherche. Celles-ci n’ont fait l’objet d’aucune discussion avec la communauté universitaire française. Elles sont inacceptables pour un service public assurant toutes ses missions et devant répondre à l’ensemble des besoins sociaux.

Vingt propositions sont issues de la réflexion des présidents de la CPU. Le centre de gravité en est essentiellement, à l’instar de François Goulard, une nouvelle « gouvernance » dans le cadre d’une autonomie renforcée. L’une des conséquences est la présidentialisation de la gestion des établissements, celle-ci s’appuierait sur un budget global et la possibilité, entre autres, de modifier les définitions des tâches des enseignants-chercheurs. Comme le ministre, la CPU demande la baisse des représentants élus des personnels dans les différents conseils centraux des établissements.

La Cgt regrette que les présidents de la CPU n’aient pas pris la peine de consulter la communauté dont ils sont les représentants, ils auraient alors été porteurs de la position de l’ensemble des acteurs de leurs établissements. La CPU aurait ainsi évité de mettre en avant de mauvaises solutions, largement rejetées depuis plusieurs années par la communauté universitaire.

La Cgt a insisté sur l’illusion de croire que le changement de « gouvernance » et de renforcement de l’autonomie règleront les problèmes des universités françaises. Le contexte actuel et les politiques libérales sont responsables de ces difficultés. L’application de la Stratégie de Lisbonne et du Processus de Bologne, en parallèle à la révolution technologique et au choc de la mondialisation capitaliste ne répondent pas aux problèmes de massification, d’intégration de nouveaux contenus généraux et professionnels, et de prise en compte des publics diversifiés dans l’offre de formation.

La Cgt est également intervenue sur la duplicité du gouvernement et du ministre délégué de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Président de la CPU) à parler d’une manière insistante de la professionnalisation des formations supérieures. En effet, ceux-ci ne prennent pas leurs responsabilités en ne conviant pas les partenaires sociaux, en particulier le Medef, à prendre en compte le changement de l’architecture des formations supérieures (LMD) et de l’augmentation des qualifications qui en découle, dans les conventions collectives. Seul moyen de revaloriser le rôle des universités dans l’insertion professionnelle des emplois qualifiés.

La Cgt regrette que lors de la dernière table ronde sur le thème « Éclairages des partenaires sociaux-économiques », le Medef soit largement représenté (3 personnes sur 7), sans qu’aucune confédération de salariés ne soit présente à cette table.

La CPU devrait finaliser le 15 mars les propositions qu’elle soumettra aux candidats à l’élection présidentielle.
La Cgt tient à préciser que la CPU ne pourra se présenter seule comme porte-parole de la communauté universitaire, si d’ici la mi-mars les conditions d’un débat réel et démocratique dans chaque Conseil d’administration ne sont pas réunies.

La Cgt appelle l’ensemble des acteurs à s’opposer aux orientations libérales et à formuler des propositions alternatives de développement et de rénovation du service public.