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La filière ferroviaire a de l’avenir

Si on s’en donne les moyens par une autre politique industrielle !

mercredi 26 novembre 2014
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A la veille de la conférence environnementale où la question du transport et de la mobilité durable est annoncée comme un thème essentiel, la FIF (Fédération Industrielle Ferroviaire) à travers le CSF (Comité Stratégique de la filière Ferroviaire) annonce des perspectives d’activités en baisse dans les sites français avec un chiffre d’affaires qui passerait de 1,4 milliards d’euros en 2013 à 300 millions d’euros en 2018. Ces perspectives sont alarmantes en terme d’emploi, de compétences et de stratégie industrielle pour l’ensemble de la filière industrielle ferroviaire qui comprend 21 000 emplois directs.

La principale raison de cette situation provient de l’éclatement du groupe d’ALSTOM par la vente de ses activités dans l’énergie à GENERAL ELECTRIC. Aujourd’hui ALSTOM-Transport se retrouve en difficulté pour maintenir la production, avec une situation financière fragilisée. La stratégie développée ces dernières années s’est traduite par l’absence d’investissements dans les capacités de production et d’emplois en France comme en Europe.

L’industrie et la maintenance ferroviaires souffrent depuis dix années de désengagement de l’Etat, cédant l’avenir du ferroviaire aux intérêts privés visant une rentabilité maximale, au détriment de l’intérêt général priorisant la transition écologique, l’aménagement équilibré du territoire, le développement économique, des emplois de qualité et des salaires décents.

La France est aujourd’hui le deuxième pays européen pour la construction de matériel ferroviaire avec des capacités et des compétences de hauts niveaux. Demain, cela risque de ne plus être d’actualité : 10000 à 15000 emplois sont menacés dans l’industrie ferroviaire en 2018 !

Les sites d’ALSTOM comme de BOMBARDIER verraient leur activité chuter d’ici quelques mois. Malgré un carnet de commandes qui représente quatre années d’activité, les directions annoncent du chômage partiel dans certains établissements. De plus, l’arrêt de la production du TGV à Belfort (motrices) est programmé pour la fin de l’année.

La perte des savoir-faire et des compétences sera dommageable pour l’avenir du transport ferroviaire au regard des besoins futurs comme un Tgv de très grande vitesse, des trains plus rapides tout en répondant au confort et à l’économie d’énergie. Le besoin de relancer le transport du Fret devient une priorité.

Cela nécessite de développer des coopérations avec l’ensemble des entreprises de la filière au lieu de favoriser une politique de concurrence qui se traduit par des pressions sur les salariés. Mais cela suppose également de favoriser un partenariat avec les opérateurs publics que sont la SNCF et la RATP.

Le Gouvernement porte une lourde responsabilité en s’associant à l’éclatement du groupe d’ALSTOM.

La CGT a toujours traité à la hauteur de l’enjeu, et de manière offensive, la question de la politique industrielle à travers les filières (y compris celle du ferroviaire) sur les bases suivantes :
- 1. Pas de politique industrielle sans reconquête des capacités de production en France.
- 2. Pas d’industrie sans service public et pas de service public sans industrie.
- 3. Des projets innovants et performants, créateurs d’emplois dans le cadre d’un aménagement du territoire répondant aux besoins de la population (et non du capital), cela accompagné d’infrastructures adaptées en cohérence avec les projets.

La CGT considère qu’il est encore temps de donner un coup d’arrêt à ce processus de désindustrialisation de la France.

Le ferroviaire a de l’avenir dans le cadre d’une multi modalité et complémentarité des modes. C’est tout le sens que la CGT a fait valoir et continuera à porter et à exiger avec les salariés de l’industrie du ferroviaire en convergence avec ceux du secteur du transport.

Montreuil 26 novembre 2014