La cgt
NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Société  >> Education
Publié le jeudi 9 décembre 2010

Rythmes scolaires : la CGT propose

Education

Voici l’intervention prononcée par Ghylaine Richard, membre de la commission exécutive de la CGT.
Elle se prononce notamment pour un rythme hebdomadaire de 5 jours préférable à 4 jours, du lundi matin au vendredi après-midi.
Quant au rythme sur l’année scoalire, la CGT est favorable à l’alternance de 7 semaines de cours et 2 semaines de congés correspond le mieux aux besoins de l’enfant. Les vacances d’automne ne durant actuellement que dix jours doivent donc être rallongées.

Vous avez souhaité connaître l’avis de la CGT dans ce débat ouvert sur les rythmes scolaires, débat dont l’objectif est de « mieux permettre la réussite de tous les élèves en recherchant pour eux les conditions optimales d’organisation des apprentissages dans le premier et le second degré ».

C’est un objectif ambitieux partagé par la CGT qui a toujours revendiqué une école de la réussite pour tous les élèves. Cela demande une réflexion dans de nombreuses directions et aussi un développement des moyens alloués tant à l’Education Nationale qu’aux collectivités locales et associations qui concourent à ce service qui pour la CGT devrait être national, accessible sur tout le territoire et gratuit.
De ce point de vue dans de la situation que nous connaissons aujourd’hui , nous voyons qu’il y a déjà fort à faire.
D’autant plus que les expériences diverses tant terme d’organisation de la journée, de la semaine ou de l’année scolaire donnent l’image d’une certaine cacophonie sinon d’incohérence quand il ne s’agit pas tout simplement de faire prévaloir certains intérêts économiques. Nous pensons qu’il faut une vision et une harmonisation nationale.

Avant de revenir sur les rythmes scolaires eux-mêmes, il conviendrait de se pencher sur les évolutions profondes de l’organisation de notre société qui ont transformé les attentes et les pratiques familiales.
Il faut souligner les évolutions de la durée du travail : l’augmentation du temps des congés annuels, la réduction de la semaine de travail certes mais également les évolutions qui dans l’autre sens amènent une plus grande amplitude des journées de travail, ou des semaines de travail. Toutes les évolutions dans les modes d’organisation des entreprises ou de gestion des personnels ne vont pas dans le sens d’une diminution du temps de travail : heures supplémentaires, horaires décalés et atypiques, travail du samedi et du dimanche. En ce sens la réduction du temps de travail à 35 h par semaine et l’autorisation du travail en horaires décalés et atypiques ou du dimanche seulement pour les activités qui le nécessitent absolument seraient de nature à réduire l’allongement des « journées » des élèves.
D’autre part, les transformations de la cellule familiale – parents isolés, garde alternée – ont conduit à l’exigence de « vrais week-ends » , de périodes de congés à partager.
Notons toutefois qu’un français sur deux ne part pas en vacances.

Le calendrier scolaire s’est jusqu’ici adapté par aménagements successifs du nombre de jours de classe, mais la journée de l’écolier français est devenue l’une des plus lourdes d’Europe.
Les effets des suppressions d’emplois des dernières années, d’une ampleur inégalée (depuis 2002, plus de 140 000 emplois d’encadrement éducatif ont été liquidés, 13500 suppressions sont encore prévues en 2011 dans le cadre du plan triennal) impliquent des transformations structurelles et se font sentir chaque jour : dégradation des conditions d’étude des élèves, dégradations des conditions de travail des personnels. Elles ont réduit les effectifs d’enseignants mais aussi de surveillants, infirmières, assistantes sociales, médecins scolaires, psychologues scolaires. C’est une évidence mais il semble nécessaire de le rappeler : il faut des adultes dans les établissements.

Elles s’articulent avec la poursuite d’orientations qui, au fil de leur mise en œuvre, dessinent une école à la conception de plus en plus régressive : recul de la scolarisation des plus jeunes, alourdissement des programmes avec moins d’heures d’enseignement dans le primaire, remise en cause d’une scolarité pour tous au collège, libéralisation totale de la carte scolaire, remodelage de l’éducation prioritaire, généralisation des Bacs professionnels en 3 ans, réforme des lycées….

L’organisation même des activités d’enseignement a été modifiée pour pallier au manque de professeurs, au fil de la journée dans des emplois du temps pointés du doigt par de nombreux spécialistes de l’enfance et de l’éducation : fatigue, stress, baisse de vigilance sont souvent dénoncés dans des études récentes. Ne chercherait-on pas à apprendre à nos enfants, dés l’école, les règles de l’entreprise d’aujourd’hui (de l’évaluation aux heures supplémentaires) ?

La CGT considère qu’il faut prendre l’enfant dans sa globalité et agir d’abord dans son intérêt. Il faut donc regarder les rythmes de l’enfant. Ils dépendent de son âge et on doit regarder dans la journée, dans la semaine et dans l’année.
Un consensus est assez partagé à l’appui d’études de spécialistes de la chronobiologie et au regard de l’expérience des enseignants et parents autour de quelques idées que d’autres intervenant développeront davantage et que nous partageons :

La journée :
- A l’école pré élémentaire doit prendre en compte, les rythmes individuels de chaque enfant : ainsi les temps de sieste ne doivent être ni imposés ou au contraire rendus impossibles pour diverses raisons.
- A l’école élémentaire elle doit tenir compte des temps forts de vigilance et introduire des plages de repos et de sommeil. Le temps d’apprentissage journalier étant inférieur à 5 heures maximum,
- Dans le second degré, le temps de travail des élèves ne doit pas dépasser les 35 heures hebdomadaires
- A l’école élémentaire comme au collège, le temps de la pause méridienne doit impérativement être de 90 minutes minimum si l’on veut respecter un temps de repas de 30 minutes et un temps de repos minimum. Autant pour les élèves du primaire que du secondaire, il faut prendre en compte la durée du travail personnel.

La semaine : de 5 jours est préférable à celle de 4 jours, du lundi matin au vendredi après-midi.

L’année : l’alternance de 7 semaines de cours et 2 semaines de congés correspond le mieux aux besoins de l’enfant. Les vacances d’automne ne durant actuellement que dix jours doivent donc être rallongées.

L’école ne peut pas tout mais elle peut beaucoup à conditions qu’on lui en donne la possibilité et les moyens : comment peut-elle compenser par exemple les inégalités sociales existantes ? Comment peut –elle réduire les écarts de toutes sortes, entre les enfants, tout au long de la scolarité, comment utiliser leurs différences comme un enrichissement pour tous et non un handicap ?
Aujourd’hui globalement, elle reproduit les inégalités sociales, il serait illusoire de penser qu’elle parviendra seule à réparer ce qui relève de défauts systémiques. Il faut donc s’attaquer simultanément aux politiques économiques et sociales et aux défauts propres de l’école.
Il faut bien également constater que l’échec scolaire frappe surtout les enfants des classes populaires. Les chiffres sont multiples et connus maintenant : les différences de niveau scolaire sont considérables entre catégories sociales.

Egalité d’accès, égalité territoriale, mixité sociale de tous les jeunes sont , avec les moyens budgétaires nécessaires pour les garantir, les exigences de la CGT.

Conclusion : L’affichage d’objectifs de réussite pour la jeunesse du pays n’est crédible que si l’Etat se donne les moyens nécessaires à l’ambition de garantir le droit à l’Education et à Formation permanente et lutte réellement contre l’échec scolaire en s’attaquant aux inégalités sociales et aux discriminations.
C’est une politique d’investissement qu’il faut et celle-ci est incompatible avec la liquidation de la formation des futurs enseignants, et les budgets austères votés depuis plusieurs années.