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A l’occasion de la sortie de Braddock America

Rencontre avec Wolf Jäcklein

mardi 25 mars 2014 , par Sabine Ferry

Au Nord-Est des Etats-Unis, la ville de Braddock, ancien bastion sidérurgique, a aujourd’hui perdu de sa superbe. Pourtant, une communauté ébauche au quotidien une action solidaire pour dessiner l’avenir.
Le documentaire Braddock America, réalisé par Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler est diffusé dans les salles depuis le 12 mars 2014.
Une projection à l’espace Saint-Michel à Paris suivie d’un débat avec Wolf Jäcklein, animateur de l’espace international de la CGT, est prévue jeudi 27 mars prochain. Entretien.

Pourquoi la CGT soutient-elle le film ?

Wolf Jäcklein : Le récit du déclin de la ville de Braddock, et en particulier le vécu de ses habitants, nous semble être une démonstration de ce que la mise en concurrence des travailleurs veut dire vraiment. Le besoin mondial en acier n’est pas en déclin, mais on a trouvé des moyens de produire moins cher ailleurs. Donc, les hauts-fourneaux de Braddock ont été abandonnés, et les travailleurs jetés à la rue.
À un moment où l’Union européenne affiche la volonté de créer un grand marché transatlantique avec les États-Unis et le Canada, cette question mérite une toute nouvelle attention. Quelle peut être la motivation de s’engager dans un exercice tellement périlleux que cette négociation ? C’est bien la dérégulation et la suppression des barrières entre régions qui ont un niveau du coût du travail différent, et qui permettent d’augmenter le rendement financier de l’industrie (« améliorer la compétitivité » dans le jargon ambiant actuel).
Braddock America, à travers ses images directes et vraies, offre une vision de ceux qui paient la facture. Et puis, c’est un beau film !

Quels sont les liens de coopération et de solidarité avec les syndicats américains ?

Wolf Jäcklein : La CGT entretient des liens d’amitié avec des organisations des Amériques : Amérique du Nord et Amérique latine. Nous voyons le monde de moins en moins découpé en pays, mais plutôt comme de grandes régions. Cela correspond à l’approche du monde économique, et permet une meilleure lisibilité des logiques à l’œuvre des acteurs, notamment des grandes entreprises multinationales. C’est cela l’expérience quotidienne des travailleurs : les décisions qui les concernent concrètement sont prises quelque part, loin d’eux et ne se laissent pas rattacher à une logique nationale.
Donc, les échanges et contacts avec nos homologues sont le B-A BA de la démarche syndicale du XXIe siècle : c’est de cette manière-là que nous arrivons à avoir les informations et pouvons anticiper une stratégie commune.