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Santé et action sociale

Relaxe pour la lanceuse d’alerte Céline Boussié

jeudi 23 novembre 2017


Ancienne aide médico-psychologique salariée (de 2003 à 2008) de l’Institut médico-éducatif de Moussaron dans le Gers, Céline Boussier était poursuivie pour diffamation par son employeur.
Pour avoir dénoncé aux médias les maltraitances institutionnelles dont elle était témoin sur les enfants polyhandicapés accueillis par l’IME, elle comparaissait le 21 novembre devant le Tribunal correctionnel de Toulouse.

En 1995 puis en 1999, trois salariés de l’IME avaient dénoncé les mêmes faits, et avaient été poursuivis, puis condamnés pour diffamation.
Plusieurs familles avaient également porté plainte auprès du ministère délégué aux personnes handicapées, mais leurs demandes avaient été classées sans suite ou par un non lieu. Des rapports établis par l’Igas en 1997, puis par l’ARS, en 2013, confirmaient pourtant les dires des lanceurs d’alerte. Mais sans qu’aucune mesure pour mettre un terme à cette situation ne soit prise, hormis la nomination d’un administrateur provisoire en 2014, ce qui n’a pas fondamentalement changé le fonctionnement délétère de l’institut.

Les faits étaient donc connus depuis de trop longues années, mais la direction de l’IME, forte de l’inertie dont elle profitait, a donc poursuivi Céline Boussié comme elle l’avait fait auparavant avec les autres salariés.

Cette fois, enfin, la justice a reconnu la véracité des faits et blanchi Céline Boussié de toute accusation en diffamation.

Entourée de son comité de soutien, du syndicat CGT et de ses proches, elle a déclaré avoir une pensée pour les enfants dont la souffrance est enfin reconnue.

Ses avocats réfléchissent désormais à une éventuelle procédure permettant de réhabiliter les lanceurs d’alerte du Moussaron qui l’ont précédée.

Dans un communiqué, la Fédération CGT Santé et action sociale salue « le courage et la détermination de Céline qui, pour avoir joué son rôle de citoyenne [...] s’est retrouvée traînée [...] devant les tribunaux » et souhaite « que ce jugement fasse jurisprudence et garantisse la protection des lanceurs d’alerte. »