La cgt

NOUS SUIVRE
  
Accueil  >> Dépêches

Dongfeng entre au capital de PSA Peugeot Citroën

Quel projet économique, quelles conséquences pour l’emploi et les salariés ?

jeudi 20 février 2014 , par Frédéric Dayan

L’annonce de l’entrée au capital du groupe automobile de l’Etat français et du groupe chinois Dongfeng est abondamment commentée et si les syndicats du groupe voient dans cette recapitalisation une bouffée d’oxygène, ils ne sont pas pour autant euphoriques.

Le conseil de surveillance du 18 février 2014 a ratifié notamment une augmentation de capital de 3 à 3,8 milliards d’euros qui verra l’entrée au capital de PSA de Dong Feng et de l’Etat français, qui seront à égalité dans les organismes de direction de l’entreprise avec 14 % du capital chacun.
"Cette opération s’inscrit dans le grand Monopoly capitalistique des multinationales de l’automobile qui a vu Renault s’allier à Nissan, Fiat se marier à Chrysler, et PSA tenter de se fiancer successivement avec Mitsubishi puis Général Motors," remarque le syndicat CGT de PSA qui rappelle à cette occasion "le gaspillage de 6 milliards d’euros de 1999 à 2011 sous forme de rachats d’actions et de versement de dividendes au seul profit des actionnaires".

La CGT de PSA souligne cependant qu’elle n’a "aucun a priori contre une augmentation de capital puisque nous avions nous-mêmes proposé que la famille Peugeot remette dans l’entreprise les sommes qu’elle a préféré placer dans les sociétés d’autoroute SANEF, de nettoyage ONET, maisons de retraite ORPEA, châteaux de Bordeaux Guiraud ou dans la société de placement suisse DKSH". Pour la CGT, "ce qui importe, ce n’est pas la nationalité des actionnaires, mais le projet économique qui en découle et les conséquences pour les salariés et l’emploi".
Parmi ses motifs d’inquiétude, la CGT évoque le regroupement à Shanghai de la recherche et développement des véhicules et motorisation pour les pays émergents c’est-à-dire une partie de l’activité qui était jusqu’à présent réalisée à Vélizy, Sochaux, et dans une moindre mesure à La Garenne.
Par ailleurs le syndicat CGT se veut critique à l’égard de l’Etat, "qui s’affirme sans le sou pour les services publics, la protection sociale, les retraites, et va engloutir 800 millions d’euros de fonds publics dans cette opération capitalistique".
La CGT PSA "appelle les salariés à ne pas se laisser abuser par le chantage à l’emploi, les menaces de délocalisation et la mise en concurrence entre les sites, et à exiger que les 800 millions apportés par l’Etat servent au développement de l’emploi dans nos régions".