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Développer la formation initiale par alternance

Priorité à la qualité

vendredi 19 septembre 2014
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La CGT participe ce vendredi 19 septembre à une réunion de mobilisation sur l’apprentissage. L’objectif annoncé est de lever tous les « obstacles structurels qui freinent la progression de l’apprentissage » pour atteindre 500 000 jeunes en apprentissage d’ici 2017. Or depuis 20 ans, la course aux chiffres que personne n’atteint jamais se substitue à une réelle politique de formation initiale professionnelle.

La CGT considère, au contraire, qu’il faut à la fois miser sur la qualité de la formation et sur l’amélioration de la situation des apprentis, ce qui engage la responsabilité des pouvoirs publics et des entreprises.

La CGT attend des engagements concrets pour :

- revaloriser l’alternance dans la formation initiale que ce soit en lycée professionnel ou pour les contrats d’apprentissage. C’est à dire améliorer l’accompagnement des jeunes pendant les périodes où ils apprennent en pratiquant. Cela passe par la reconnaissance d’un statut, des missions des tuteurs, maîtres d’apprentissage et des formateurs en CFA,

- reconnaître les spécificités et les atouts des deux voies de formation initiale scolaire ou par apprentissage, et éviter de les mettre systématiquement en concurrence, dans un but de favoriser le moins disant. Il est ainsi faux que l’apprentissage favorise l’insertion dans l’emploi à hauteur de 80% des jeunes qui ont emprunté cette voie. En Ile-de-France, lorsque 100 jeunes entrent en apprentissage, seuls 66 arrivent au bout de la formation. Le taux d’accès au diplôme étant de l’ordre de 80%, seuls 53 auront leur diplôme. Et comme environ la moitié de celles et ceux qui ont le diplôme vont à l’emploi (CDD et CDI confondus), c’est seulement 27 des 100 jeunes entrés en apprentissage qui vont à l’emploi. Ce constat mérite d’être confronté à celui concernant la voie professionnelle sous statut scolaire,

- veiller à l’articulation entre la formation initiale et continue qui doit véritablement se mettre en place, elle permettra de ne laisser personne sur le bord du chemin. Combattre la notion même d’échec pour renforcer la dynamique des parcours est une action qui passe par l’instauration d’un véritable droit différé à la formation. Cela s’inscrit pour la CGT dans une perspective d’une sécurité sociale professionnelle des personnes,

La CGT exige avec les organisations de jeunesse l’ouverture d’une concertation sur les droits des apprentis, permettant d’améliorer leurs conditions de vie, de formation et de travail notamment sur les sujets suivants :

- la rémunération des apprentis, qui doit augmenter et prendre en compte le niveau de qualification,

- l’accompagnement pour la recherche d’un employeur et le renforcement de l’engagement des entreprises de plus de 50 salariés et des branches sur ce sujet. Nous souhaitons également qu’un travail soit ouvert pour renforcer la mixité Femme/Homme,

- l’accompagnement pédagogique et la qualité de la formation, dans le CFA et dans l’entreprise, pour prévenir les ruptures de contrats et augmenter le taux de réussite. Cela passe par la reconnaissance d’un statut, des missions des tuteurs, maîtres d’apprentissage et des formateurs en CFA,

- la protection sociale des apprentis, et les mesures d’accompagnement en matière de transport et de logement par exemple,

- la garantie d’accéder à un emploi stable à l’issue du contrat d’apprentissage, alors que la crise a fortement dégradé l’insertion des apprentis,

Toutes ces exigences ne sont pas compatibles avec un patronat rétrograde qui au mépris des besoins croissants de qualification entend former à minima dans l’entreprise et s’affranchir de tout contrôle, de toute réglementation du travail protégeant le jeune apprenant. C’est le sens de ces attaques régulières contre les diplômes, garants de la reconnaissance des qualifications et premiers leviers en matière de salaire.

Si le patronat est aussi soucieux qu’il le dit, par le développement de l’apprentissage, qu’il reprenne la proposition de la Cgt. Si les employeurs veulent réellement, parlons de politique de branche, de responsabilité sociale vis à vis des entreprises en sous traitance, vis à vis de l’aménagement du territoire... Lancer une grande campagne de recrutement en apprentissage pour en faire bénéficier les petites et moyennes entreprises. Ce serait enfin un moyen concret de donner du corps à une GPEC d’entreprise, de branche ou territoriale. Cet engagement pourrait préserver et développer nombreux secteurs fragilisés y compris dans des domaines non délocalisables ou relocalisables, et redonner des perspectives à une jeunesse qui subit durement la politique d’austérité.

Montreuil, le 19 septembre 2014