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JO 2024

Pour les transports, soyons sur le podium !

lundi 19 février 2018

Alors que la région Île-de-France est au bord de l’asphyxie et de la paralysie, le gouvernement tergiverse sur les nécessaires travaux et financements pour désenclaver la région, notamment pour ce qui est de plusieurs lignes du « Grand Paris Express ».
Pourtant, la saturation routière prend de l’ampleur, d’année en année, avec des impacts environnementaux désastreux, sans oublier le temps perdu.
Les réseaux ferrés paient des retards d’investissements de dizaines d’années, tout en étant sous-dimensionnés pour répondre à la demande croissante et sont au bord de l’explosion avec des dysfonctionnements qui s’enchaînent, dégradant les conditions de transports des usagers et les conditions de travail des salariés des transports avec des manques d’effectifs criants.
Face à de tels enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui coûtent très chers à la collectivité en matière de santé publique, de réchauffement climatique, de temps perdu, etc., des mesures exceptionnelles s’imposent en matière de transports collectifs, d’un tout autre niveau que ce qui se fait jusqu’ici. Car le retard est tel que les nouvelles infrastructures de transport collectif sont saturées dès leur ouverture.
C’est pourquoi, il y a urgence à engager les travaux des lignes 15Est, 16 et 17 du Grand Paris Express, pour désenclaver les territoires de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne tout en améliorant la desserte de l’aéroport Charles-de-Gaulle et desservant les futurs sites olympiques.
Des investissements utiles s’imposent, contrairement au projet aussi inutile que coûteux qu’est le projet de liaison « CDG Express » entre Paris Est et l’aéroport CDG (un train direct, inaccessible avec le pass-navigo mais avec un ticket au prix de 27/29€ pour un seul trajet).
Le coût envisagé de ce projet est maintenant estimé à 2,120 milliards d’euros pour un objectif de 17 000 passagers par jour : un gouffre financier.
Au moment où le gouvernement prépare une nouvelle loi d’orientation sur les mobilités intérieures, mettant en avant les transports du quotidien, tout en parlant de maîtrises de dépenses dans les transports publics et de revoir des grands projets d’investissements – à l’image du rapport « DURON » sur les infrastructures de transports – comment un projet comme le « CDG Express » peut-il, lui, encore exister ? Alors que des investissements utiles dans le ferroviaire et le fluvial sont menacés !
Car, c’est le gouvernement (sous-entendu les contribuables) qui va garantir le projet avec un prêt de 1,7 milliards d’euros et aussi l’essentiel du risque en cas de « problèmes » pendant que les actionnaires toucheront des bénéfices grâce aux aides publiques.
Il faut arrêter de parler des Jeux Olympiques 2024 pour justifier ce nouveau train privé car il ne dessert aucun des sites olympiques retenus. Ce sont les lignes B et D du RER et le maillage des lignes 15-16 et 17 du Grand Paris Express qui desserviront ces sites !
Si nous voulons des JO 2024 socialement, économiquement et environnementalement responsables, il faut arrêter de tergiverser sur le Grand Paris Express. Le temps est compté, les travaux doivent s’engager.
C’est aussi ce qu’attendent la population et les usagers d’Île-de-France pour lesquels les temps de parcours quotidiens ne cessent de s’allonger. Ceci étant dû, en partie, à une urbanisation complètement anarchique contribuant à développer la mobilité imposée.
Cela a un coût mais il faut le comparer aux dizaines de milliards d’euros que coûtent les effets de la pollution et ses effets néfastes sur la santé et le réchauffement climatique, de la saturation routière, etc.
Au-delà du Grand Paris qui ne suffira pas, à lui-seul, à endiguer un fort report modal de la route vers les modes collectifs, la CGT formule depuis de nombreuses années des propositions concrètes comme le doublement du tunnel Chatelet/Gare du Nord qui permettrait d’augmenter les capacités et la fluidité des RER B et D, deux lignes rencontrant, quotidiennement de grosses difficultés d’exploitation et un nombre croissant d’usagers.
Les RER B et D : ce sont, aujourd’hui, 1.500 000 usagers par jour et des prévisions à 2 000 000 à l’horizon 2025, à comparer aux 17 000 passagers pour le CDG Express.
La CGT revendique également la réutilisation de la petite ceinture ferroviaire autour de Paris ainsi que la création d’un grand « périphérique ferroviaire » au niveau de « la Francilienne » maillé à toutes les lignes RER et ferroviaires pour les transports de personnes et de marchandises.
Pour la CGT, l’accessibilité pour tous aux transports collectifs doit être mise en œuvre dans une logique de complémentarité entre l’ensemble des modes de transports, dans un concept multimodal sorti de toute logique de concurrence.
Les gares et stations, actuelles ou futures, doivent être de véritables pôles multimodaux, avec des dessertes de bus et Étant entendu que « accessibilité pour tous » suppose, également, le respect de la loi concernant les personnes en situation de handicap.
La place de l’humain doit être au centre de ce processus avec une présence d’agents SNCF et RATP en nombre suffisant dans toutes les gares et stations du premier au dernier train.
L’organisation des JO 2024 doit pouvoir servir de moteur afin de dynamiser le service public de transport, le rendre plus accessible, le doter d’une meilleure qualité de service.
Cela nécessitera forcément un renfort des équipes de maintenance. Car, il faut éviter de laisser se développer des transports urbains « low cost », tel TRANSKEO – filiale de KEOLIS – exploitant le T11 Express entre Le Bourget et Épinay-sur-Seine.
De telles mesures dessinent un objectif politique fort pour qui souhaite réellement tendre vers un report modal de la voiture en direction des transports collectifs, travailler sur le report modal du transport des marchandises vers les modes alternatifs (rail, fluvial …) et répondre durablement et positivement aux problématiques de saturation routière
et de contribution à la diminution des émissions de Gaz à Effet de Serre qu’elle génère.

Montreuil, le 19 février 2018