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Publié le lundi 21 février 2005

Otages en Irak



La Cgt, son journal, la Nouvelle Vie ouvrière, et le SNJ-Cgt sont solidaires de Florence Aubenas, de Hussein Hanoun al-Saadi, de Giuliana Sgrena.
Il n’y a pas de liberté sans liberté d’informer.

Florence Aubenas, l’envoyée spéciale de Libération à Bagdad, a disparu avec son interprète, Hussein Hanoun al-Saadi, depuis le 5 janvier dernier.
Giuliana Sgrena, l’envoyée spéciale de Il Manifesto, elle, a été enlevée le 4 février.
Ces disparitions et enlèvements font suite à de nombreuses prises d’otages, comme celles de Christian Chesnot et Georges Malbrunot et, hélas, à de trop nombreux journalistes morts, comme Enzo Baldoni.
Ailleurs aussi, les journalistes sont pris pour cible, au Kosovo, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire. On rappelera que Guy-André Kieffer, collaborateur de « La lettre du Continent » et ancien délégué syndical Cgt de la Tribune, a disparu à Abidjan depuis le 16 avril 2004 et qu’on est sans nouvelles de lui depuis cette date. Ou encore que Fred Nérac, qui travaillait pour la chaîne ITN, a disparu depuis le 22 mars 2003 sur la route entre Bagdad et Bassorah.
Ces journalistes chevronnés et consciencieux avaient pris le risque du métier en connaissance de cause : ils avaient choisi d’aller sur un lieu d’affrontement pour témoigner librement.
Ils avaient décidé de refuser la « militarisation » de leur profession et le travestissement de la vérité. Ils voulaient éviter les pressions et même la censure des troupes américaines et britanniques ou du pouvoir mis en place par l’administration Bush ; ils n’auraient pas accepté un seul instant de se soumettre au contrôle du ministère irakien de l’information.
Au bout du compte, les journalistes pris en otage sont, eux aussi, les victimes de l’occupation militaire de l’Irak. Les groupuscules qui sévissent dans un pays exacerbé traitent indistinctement les étrangers, peu importe que, comme Florence ou Giuliana, ils soient opposés à la guerre.
Les journalistes dignes de ce nom refusent d’être « intégrés » (embedded, en anglais) et vont jusqu’au bout de leurs principes professionnels pour éviter de traiter un événement aussi grave au travers du prisme des bulletins de guerre. Ils ont pris le risque de ne pas être protégé par les chars américains ou britanniques et de pouvoir enquêter librement.
C’est le prix de l’information ; ils le savaient. On regrette toutefois que les autorités du pays et l’état-major des forces d’occupation n’assurent pas la liberté de déplacement des journalistes.
Il est aujourd’hui de la responsabilité de chacun d’œuvrer pour que leur libération soit effective dans les meilleurs délais.
Il est aujourd’hui de la responsabilité de chacun de protéger la liberté de l’information et la vie des journalistes.
La Cgt, son journal, la Nouvelle Vie ouvrière, et le SNJ-Cgt sont solidaires de Florence Aubenas, de Hussein Hanoun al-Saadi, de Giuliana Sgrena.
Ils en appellent aux gouvernements américain, irakien et français pour obtenir des nouvelles des journalistes et de leurs accompagnateurs et mettre en œuvre toutes les mesures en vue d’obtenir leur libération immédiate.