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Publié le jeudi 6 décembre 2012

Nous attendons des choix et des actes



Les politiques patronales et gouvernementales actuelles créent 2 000 pauvres par jour.

Avec 600 000 pauvres supplémentaires par an, plus personne ne peut ignorer que la précarité, la pauvreté affectent une partie importante de la population tant ses effets sont visibles dans la vie quotidienne.
Nous ne nions pas l’importance d’une telle conférence. Pour autant, le risque est toujours grand de ne rien faire à vouloir tout refaire, sans mettre en œuvre la législation actuelle.

Nous ne comptons plus les rapports, les préconisations, les analyses du CESE, du CNLE, de l’ONPES, du mouvement associatif, la Loi d’orientation du 29 juillet 1998 contre les exclusions.

Cette loi présente deux orientations fondamentales :
L’accès aux droits fondamentaux : la loi considère que le problème des personnes en difficultés n’est pas de disposer de nouveaux droits mais d’avoir effectivement accès aux droits fondamentaux existants. L’essentiel des dispositions vise donc à créer les conditions et les procédures par lesquelles cet accès aux droits sera mieux garanti dans chacun des domaines de la vie pour les personnes les plus fragilisées par les mutations de la société.
Un traitement et une prévention des exclusions : la loi affirme la complexité et la diversité des processus d’exclusion qu’elle entend combattre (perte d’emploi ou de logement, problèmes de santé, familiaux, financiers). De ce fait, le champ couvert par la loi d’orientation inclut l’emploi et la formation, le logement, la santé, l’éducation et la culture, la protection sociale, le surendettement, la citoyenneté, le sport, les vacances, les loisirs ou encore les transports.
14 ans après, l’échec est tragique pour les personnes condamnées à survivre aux marges de notre société. Echec résultant d’une absence d’ambition et de volonté de choix politiques.

Le système de protection sociale est pris en tenaille. A l’affirmation de la solidarité, de l’effectivité des droits de tous pour tous comme principe fondamental d’organisation sociale, institué par la Sécurité Sociale, s’opposent désormais les campagnes de suspicion à l’encontre des « profiteurs du système » qui ne sont pourtant que des personnes à qui on ne reconnaît pas l’accès au droit du travail, à une formation qualifiante, à un salaire permettant de vivre, à un logement décent….

Des chômeurs, des jeunes " décrocheurs " qualifiés ou non, des femmes à temps partiel pour vie partielle, des parents de familles nombreuses, des retraités ou des allocataires du Revenu de solidarité active. Loin donc des « millionnaires », des actionnaires, dont le nombre s’est aussi considérablement accru !

La politique d’assistance demeure pourtant très modeste dans le volume des crédits mobilisés et dans le montant des allocations versées. Alors que le SMIC horaire progressait de 29% entre 1990 et 2010 (même si la CGT considère que c’est nettement insuffisant), le RMI puis le RSA n’a été réévalué que de 3% !!!
Un allocataire sur 2 pouvant prétendre potentiellement au RSA ne le sollicite pas, par peur de perdre des droits sociaux, connexes et surtout de rentrer dans la case des assistés, des profiteurs, des quémandeurs..

La revalorisation des minima sociaux d’au moins 30% est une urgence !!!

+ 10 % d’augmentation du RSA représente à peine un milliard d’euros…Ce n’est pas un coût c’est un dû minimum de la société, un droit pour tout être humain pour faire société, humanité avec ses semblables.

Partant de cette représentation de notre pacte social, nous proposons la création d’un revenu minimum d’existence, de soutien à l’autonomie pour les jeunes, partie intégrante de notre proposition d’une sécurité sociale santé et professionnelle, d’un accompagnement social et professionnel articulant formation qualifiante certifiée et l’accès à un emploi de qualité. Rappelons le chiffre des 150 000 jeunes décrocheurs et l’augmentation de 8 points des jeunes non scolarisés. Rappelons que le taux de pauvreté chez les 18/24 ans est de 24%. Le degré de devenir d’une société ne se mesure-t-il pas à la place et l’avenir qu’elle réserve à sa jeunesse ?

Alors, comment venir en aide aux plus démunis ? Comment enrayer l’engrenage de la stigmatisation des « assistés » ? Comment bloquer le cercle vicieux du démantèlement progressif des droits sociaux universels ? Comment assurer à chaque femme l’accès au premier droit fondamental : Le travail et l’accès à l’emploi de qualité ?

Le « ciblage » des populations qui devient le cœur des politiques sociales n’est pas la solution. Il introduit plusieurs biais : le retour de la stigmatisation d’abord ; ensuite, l’enfermement des publics concernés dans une trappe à pauvreté ; enfin, le non traitement des causes profondes des difficultés. L’expérience du RSA qui associe une allocation classique à un complément de salaire pour les travailleurs pauvres, n’a guère été probante. Elle suscite une concurrence entre salariés pauvres. Concurrence entre celles et ceux qui font tout pour se réinsérer en acceptant des petits boulots dont on ne peut pas vivre et qui, au final, n’ont pas plus les moyens de vivre qu’un bénéficiaire au RSA socle.

Les minima sociaux doivent demeurer des droits au même titre que les autres prestations sociales et l’action publique se doit d’empêcher tout emploi dont on ne peut pas vivre. Tout autre choix serait un obstacle à la construction d’un avenir commun.

La question de la pauvreté est inséparable du débat plus général sur les inégalités. Ce dernier doit être ouvert en grand. De quelle politique d’intégration, d’insertion dans l’emploi avons-nous besoin ? De quel service public du logement social doit-on se doter ? Quelle réforme de financement de la Sécurité sociale pour quelles réponses aux besoins sociaux, à la perte d’autonomie de nos anciens, au soutien à l’autonomie de notre jeunesse ? Quelle fiscalité voulons-nous ? Quelles répartitions des richesses créées par le travail pour rendre effectif le droit au travail et les droits fondamentaux de tous au service de tous.

Nous attendons de cette Conférence Nationale, des choix, des actes et un engagement de l’Etat et de l’ensemble des acteurs. Nous attendons de cette Conférence qu’elle annonce des mesures d’urgence immédiates pour les personnes les plus démunies articulées à des mesures sur le moyen et long terme.