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Publié le jeudi 14 octobre 2004

Non, le rapport Thélot n’assure pas « la réussite de tous les élèves ! »



La Commission Thélot vient de remettre son rapport, « Pour la réussite de tous les élèves », au Premier Ministre. La médiatisation, fin août, d’un pré-rapport avait permis d’appréhender son orientation générale. Le document définitif, s’il fait l’objet d’une réécriture plus prudente, ne modifie qu’à la marge cette orientation.

La Commission Thélot vient de remettre son rapport, « Pour la réussite de tous les élèves », au Premier Ministre.

La médiatisation, fin août, d’un pré-rapport avait permis d’appréhender son orientation générale. Le document définitif, s’il fait l’objet d’une réécriture plus prudente, ne modifie qu’à la marge cette orientation.

La Cgt constate positivement qu’il n’est plus question d’opposition entre « l’objectif ambitieux de 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat » avec « la maîtrise à l’issue de la scolarité obligatoire des compétences nécessaires à une vie personnelle et à une intégration sociale réussie ». Cependant, la CGT réaffirme que cet objectif chiffré, abandonné dans le rapport, doit être atteint pour répondre aux besoins de qualification.

Elle partage un certain nombre d’objectifs énoncés dans l’introduction, tels la prise en compte de « l’hétérogénéité de la population scolaire » et « l’élévation générale des niveaux de formation ».

« Lire, écrire, compter... » ne saurait suffire seul à former le « socle » des enseignements fondamentaux obligatoires. La Cgt refuse cette conception utilitariste du système éducatif qui s’appuie sur une projection contestable de l’évolution de l’emploi peu qualifié.

La formation tout au long de la vie ne peut, comme l’induit le rapport, être réduite à un substitut de la formation initiale ou à répondre aux seuls besoins des « employeurs privés et publics ».
Ainsi, pour la formation professionnelle initiale, le choix est de développer l’apprentissage aux dépens de l’enseignement technologique et professionnel.

Si la Cgt partage l’objectif de définir une culture commune devant être acquise par chaque jeune, celle-ci ne peut être conçue comme un minima. Elle préconise au contraire l’allongement de la scolarité jusqu’à 18 ans dans le cadre du service public d’éducation et d’orientation.

La préparation de l’orientation via les enseignements optionnels personnalisés aboutira à ce que les élèves ne soient pas tous traités de la même façon.

La Cgt a toujours défendu l’objectif affiché d’une école de « la réussite pour tous », dans l’intérêt des jeunes et de la nation. C’est pour elle une exigence de transformation de l’école qui nécessite une programmation de moyens humains et financiers. Il s’agit de garantir l’égalité de tous dans l’accès à l’éducation et à la qualification, la gratuité réelle des études. Les conditions sociales ne doivent constituer pour personne un obstacle à la poursuite d’études.

Ce n’est pas l’option prise par la commission Thélot. Ce ne sont pas non plus les orientations de la politique gouvernementale, qui suppriment plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans l’Education.

L’effort à faire ne peut reposer sur une remise en cause des conditions de travail des personnels de l’Education nationale.

La Cgt ne se satisfait pas de ces propositions et pèsera de tout son poids pour que ses exigences soient prises en compte notamment dans la future loi d’orientation.