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Publié le mercredi 24 août 2005

Neuf ans après Saint-Bernard, Plus que jamais la solidarité avec les sans-papiers

Sans-papiers

Le 23 août 1996, les portes de l’église Saint-Bernard cédaient sous les coups de hache des CRS, envoyés par le gouvernement Juppé pour déloger les sans-papiers qui s’y étaient installés pour faire entendre leur détresse et obtenir leur régularisation. La brutalité de cette intervention contre des femmes, des hommes, des enfants dont le seul crime était de fuir la terreur et la misère, et d’espérer trouver au pays de Voltaire et d’Hugo un peu d’humanité, illustrait déjà dans quel mépris ces populations en souffrance sont tenues. Neuf ans plus tard, leur situation est toujours aussi terrible et risquée.

Les inégalités, la pauvreté, les conflits perdurent sur la planète et les pays développés continuent de tirer profit des richesses des pays pauvres, sans se soucier d’aider au développement économique, social et sanitaire de ces pays et de leurs populations. En France et en Europe se met en place une politique d’immigration centrée sur une conception étroitement utilitariste de cette main-d’œuvre taillable, corvéable et jetable au gré du seul besoin des profits. Ainsi, en témoignent, les décisions du G5 de charters européens d’expulsions ou les réflexions en cours sur la mise en place de quotas.

Le gouvernement français n’est pas en reste dans cette politique de répression et de chasse aux sans-papiers. En atteste l’intensification des contrôles d’identité qui conduisent à de véritables rafles ou le durcissement des conditions d’accès à l’Aide Médicale d’Etat dont les conséquences sur la santé des sans-papiers, et plus largement sur la santé publique, sont inhumaines et irresponsables. Toute restriction d’accès aux soins pour les plus démunis générant immanquablement un risque de recrudescence des maladies liées à l’exclusion.

Toutes ces dispositions stigmatisantes sont intolérables. Elles visent à diviser les salariés et à faire des sans-papiers les boucs émissaires d’une situation sociale et économique dont ils ne sont en rien responsables, ni en France ni à l’échelon mondial. Elles nourrissent le racisme et menacent la solidarité.

A l’inverse, ceux qui profitent de cette main-d’œuvre bon marché dans le travail au noir, dans les travaux saisonniers ou sous-traités, continuent leurs basses œuvres dans l’impunité. L’indignation qui s’était manifestée en 1996 est toujours vive. Au pays des Droits de l’Homme, les sans-papiers ont droit à un accueil plus humanitaire. Soucieuse de poursuivre le combat unitaire autour des sans-papiers, la Cgt qui a soutenu sans faille la lutte de Saint-Bernard, et celles qui ont suivi, poursuivra son engagement de solidarité, de soutien et d’action.

C’est pourquoi, la Cgt réitère ses propositions :

  • Arrêt immédiat des expulsions ;
  • Régularisation de tous les sans-papiers ;
  • Respect et application des droits fondamentaux, notamment en matière d’accès aux soins ;
  • Mise en place d’une politique d’immigration fondée sur la dignité et les droits humanitaires.