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Publié le mercredi 10 mai 2017
Secteur pénitentière

Mylène Palisse, la conseillère sanctionnée, va déposer un recours



Les sanctions à l’encontre de Mylène Palisse n’ont pas été levées avant l’élection présidentielle. On aurait pu l’attendre, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas ayant été sollicité, mais cette conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP), élue CGT, qui le 31 janvier 2017 avait écopé de sept jours d’exclusion temporaire avec sursis n’a pas vu son injuste sanction effacée.

Rappelons que Mylène Palisse avait exprimé des critiques sur certaines modalités de la mise en œuvre, au sein de l’administration pénitentiaire, de la prévention de la radicalisation dans les colonnes du journal L’Humanité dans un article intitulé « Cochez la case djihadiste ».

Le 2 mai dernier, elle avait prévenu, dans un courrier commun de la CGT, de la FSU, du syndicat de la Magistrature et de la Ligue des Droits de l’Homme qu’elle formait un recours devant le Tribunal administratif de Pau et demandait l’annulation de la sanction. Les organisations réfléchissent d’ailleurs en ce moment à s’associer en justice au recours de la salariée du secteur pénitentiaire.

« Il est interdit de se questionner ou de réfléchir... »

Pour Delphine Colin, secrétaire nationale de la CGT insertion et probation, « il y a une omerta sur ces sujets de la part d’une administration qui ne sait pas permettre à ses personnels de réfléchir ni de se questionner ». Concernant Mylène Palisse, « c’est surtout le fait qu’elle a communiqué via la presse qui a été sanctionné et le fait qu’elle a suscité une énorme mobilisation autour d’elle » précise-t-elle.

Récemment, c’est une autre conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation et secrétaire nationale du syndicat CGT du secteur qui s’est vue menacée de sanctions. Églantine Bourgognon, qui travaille à Agen, avait transmis le 23 mars à ses collègues, mais aussi à sa direction, un article de deux chercheurs en sociologie sur la question de la radicalisation. « J’ai partagé cet article, que je jugeais intéressant, comme je le fais régulièrement depuis sept ans sur tous les sujets en lien avec nos missions », expliquait-elle dans un article de L’Humanité. Et son directeur de répondre de ne pas diffuser, via sa messagerie professionnelle, « des articles d’opinion » et de préciser : les communications « proposant un point de vue différent de celui de l’administration » doivent faire l’objet d’une « autorisation préalable » de la hiérarchie avant diffusion.


Revalorisation de salaire obtenue pour les conseillers d’insertion probation

Il y a tout juste un an le tiers des conseillers d’insertion probation étaient dans la rue à Paris. Ils ont mené une lutte pendant six mois, et avaient déjà obtenu quelques satisfactions en juillet dernier. Le 5 mai 2017, le comité technique ministériel a validé la réforme statutaire et ces salariés passent désormais en catégorie A, soit une augmentation de salaire d’environ 150 euros net en moyenne à laquelle il faut ajouter d’autres revalorisations. Par ailleurs c’est la dimension sociale du métier qui a été réaffirmée avec l’accès à des passerelles vers les métiers socio-éducatifs.