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Publié le vendredi 20 mai 2011

Mobilisation pour l’Europe sociale



Tous les jours, une chronique de la délégation CGT au 12e congrès de la CES.

4e jour

Les derniers chapitres du document ont été adoptés en intégrant les amendements de la CGT, notamment celui qui engage la CES à interpeller les différents candidats des prochaines élections européennes sur les propositions pour une Europe sociale de la CES et celui visant à rendre plus active la campagne de la CES pour des salaires et des droits égaux pour tous les salariés et particulièrement les migrants.

Le congrès a salué le courage des syndicalistes qui se heurtent à des régimes qui les assassinent comme en Colombie et a réaffirmé la nécessité du soutien et la solidarité de tout le mouvement syndical.

La dernière table ronde a débattu de syndicalisation des jeunes, de l’utilisation des réseaux sociaux.
Le comité des jeunes de la CES, en pointant les causes des difficultés pour l’adhésion, préconise de créer des collectifs jeunes avec les ressources financières et humaines dans toutes les structures et promouvoir des campagnes revendicatives sur des sujets qui concernent directement les jeunes. Leur langage, c’est aussi les réseaux sociaux. Il faut des formations et permettre aux jeunes d’être visibles dans nos instances.
Mais le mieux c’est encore de les rencontrer, les écouter et envoyer un message politique qui ouvre des espérances sur la formation, le logement, l’emploi dans chacun des pays mais aussi sur le plan européen, un message de paix et de solidarité.

La stratégie et le plan d’action ont été votés à la quasi unanimité du congrès. Le manifeste d’Athènes donne les axes de travail. Il est très critique contre l’austérité, le programme de gouvernance économique, qui est injuste pour les peuples, destructeur des systèmes de protection sociale et des services publics et inefficace.
Comme l’a déclaré Ignacio Toxo, le Président de la CES nouvellement élu : « Un petit groupe de personnes veut nous imposer son point de vue et nous demande d’être sérieux ! Ces plans de sauvetages qui remettent en question les salaires, les droits sociaux sont inefficaces.Nous devons nous mobiliser pour faire valoir notre point de vue, l’alternative c’est la CES ».

La CES organisera une journée d’information et de mobilisation européenne pour faire valoir ses propositions le 21 juin 2011.

Comme l’a déclaré Ignacio Toxo, le Président de la CES nouvellement élu : «  Un petit groupe de personnes veut nous imposer son point de vue et nous demande d’être sérieux ! Ces plans de sauvetages qui remettent en question les salaires, les droits sociaux sont inefficaces.Nous devons nous mobiliser pour faire valoir notre point de vue, l’alternative c’est la CES ».

La CES organisera une journée d’information et de mobilisation européenne pour faire valoir ses propositions le 21 juin 2011.


3e jour

Le début de la matinée a vu la fin de la discussion sur les chapitres 4 et 6 adoptés à la quasi unanimité : l’engagement de la CES pour des services publics, des systèmes de protection sociale et pour une fiscalité plus juste est ainsi confirmé.
Sur la question du salaire minimum l’engagement est pris de mener un examen approfondi de manière urgente pour arriver à une position commune.

Une table ronde, avec la participation de Bernard Thibault, s’est tenue sur le thème : quel est l’avenir des industries européennes en matière d’emplois durables pour combattre le travail précaire ?
Les enjeux énergétiques, la gestion des ressources, les évolutions technologiques vont bouleverser les politiques industrielles. Les syndicats, qui sont au coeur de la production et soucieux de l’intérêt général, ont un rôle décisif à jouer. Ils ont affirmé ensemble qu’il est difficile de parler politique industrielle sans politiques ambitieuses de recherche, d’innovation, de formation et d’éducation qui permettent de renouveler et transférer les compétences et de gérer socialement les mutations.

Un emploi sur 4 dans l’UE est dans l’industrie manufacturière, un autre dans les services connexes : il n’y a pas d’avenir pour l’économie sans base industrielle. La réflexion doit être menée sur le long terme, en intégrant emploi durable et conditions de travail. La précarité est incompatible avec une vision prospective qui exige démocratie et droits nouveaux pour les travailleurs.
Les mécanismes financiers qui travaillent à courte vue sont un frein : la CES propose une régulation financière, une politique fiscale et un programme d’investissement européen.

Puis la table ronde sur la politique de voisinage avec l’Europe du Sud a montré les attentes fortes des syndicats de la Tunisie, de l’Egypte, du Bahreïn, de la Libye, de Palestine et des autres pays actuellement en action pour la démocratie et des droits sociaux. Le débat a souligné l’exploitation des travailleurs migrants.
_Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI, a insisté sur l’aide que le mouvement syndical doit apporter pour organiser le soutien sans imposer un modèle, permettre que les femmes « restent en avant », renforcer les réseaux syndicaux.

La présidence et le secrétariat de la CES ont été élus à une très large majorité : Bernadette Ségol (ex Secrétaire générale d’UNI Europa) comme Secrétaire générale avec une équipe très renouvelée et très féminisée et Ignacio Toxo (Secrétaire général de CCOO) comme Président.


2e jour

Dans son introduction sur les chapitres 2 et 3 du Document : 
« mobilisation pour une Europe sociale pour des emplois de qualité durables et en vue d’une régulation efficace contre le capitalisme casino », Joël Decaillon, Secrétaire général adjoint de la CES, a souligné que contrairement à ce que disent patronat et états, le marché du travail n’est pas rigide en Europe. La crise a fait exploser l’intérim : entre 20 et 30% des salariés européens ainsi que la flexibilité, la précarité, le temps partiel non choisi, la pauvreté …
Le débat démontre que le terme de flexisécurité est de moins en moins bien vu à la CES. Au contraire, une protection forte des travailleurs et donc des droits en hausse pour les organisations syndicales sont exigés.

De nombreuses interventions ont porté sur la qualité de l’emploi :
Les jeunes veulent un emploi normal, stable, durable : le CDI doit être la norme pour tous.
Les enjeux de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, du temps de travail et notamment l’explosion du temps partiel, de l’organisation de l’accueil des jeunes enfants ont été discutés avec l’objectif de la résorption des inégalités.

La tendance des 30 dernières années a produit plus d’inégalités. 64% des européens ne sont pas d’accord avec la manière dont sont gérées les inégalités dans leur pays. Le Congrès considère que le scénario européen d’austérité qui nous est proposé ne peut résoudre les inégalités. Il faut des réformes plus inclusives : agir pour une fiscalité plus juste, le développement des services publics et des protections sociales.

Dans la dernière période, la preuve a été faite que le capital financier ne gère pas le risque ; les dettes des banques se sont transformées en dette publique. Le Congrès unanimement s’est prononcé pour une régulation efficace du secteur financier, la fin des paradis fiscaux, l’introduction de taxes sur les transferts financiers, plus de transparence et de contrôle. C’est un enjeu de démocratie.

Abdessalem Jerad, Secrétaire général de l’UGTT, a évoqué le courage du large mouvement populaire soutenu par les syndicalistes de Tunisie. Les jeunes de son pays ont scandé les vers d’un poète : « quand un peuple exige qu’on le laisse vivre le destin ne peut que se plier à sa volonté ».
Il a reçu une standing ovation après avoir manifesté la volonté de réfléchir ensemble aux voies et moyens pour construire un espace commun entre les deux rives de la méditerranée pour le bien-être des travailleurs, le Congrès marquant ainsi son refus de toute forme de racisme, de xénophobie et d’opposition entre travailleurs.


1er jour

Le congrès de la CES s’est ouvert le 16 mai au matin en présence de 1000 délégués dont 40% de femmes venus de 36 pays.
Le rapport d’activité présenté par le Secrétaire général sortant, John MONKS a été approuvé à l’unanimité, moins deux contre. Avant l’ouverture des débats sur l’orientation, une résolution d’urgence proposée par les syndicats grec, français, allemand, belge et autrichien concernant la situation économique et sociale en Grèce a été adoptée à l’unanimité.

Cette résolution qui s’adresse aux ministres de l’économie européens, réunis les 16 et 17 mai, exige des mesures de solidarité européenne et un changement immédiat de politique pour sortir véritablement de la crise en stoppant notamment les plans d’austérité. Elle apporte bien évidemment notre solidarité envers les travailleurs grecs et leurs syndicats.
L’après-midi a été consacré au chapitre 1 du document d’orientation « Mobilisation pour l’Europe sociale. Stratégie d’action 2011-2014 ». Ce chapitre a été introduit par John MONKS. Dans une intervention particulièrement offensive, il a notamment insisté sur plusieurs points :

- Salaires, reprenant notre proposition formulée avec nos camarades allemands, de mener une campagne structurée et durable pour « à travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail »

- Développement de l’industrie durable, de la formation, de la recherche et pour un emploi de qualité.

- Taxation des transactions financières, immigration et sécurité à savoir que pour le syndicalisme, il ne faut rien lâcher dans la lutte contre le racisme et la xénophobie. A cet égard, il a rappelé que les syndicalistes sont ouverts aux discussions avec toutes les formations politiques mais en aucun cas avec celle de l’extrême droite. Lutter pour les droits des salariés migrants c’est renforcer les droits pour tous.

- Les services publics sont un des éléments essentiels de cohésion sociale et des points d’appui efficaces pour aider toute l’économie à sortir de la crise.

Bernard THIBAULT est intervenu au nom de la délégation CGT dans ce débat.

Ce premier chapitre a été adopté à l’unanimité.

Rappel : Les débats du congrès sont consultables sur le site de la CES.

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