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Répression syndicale

Métaux lourds et chape de plomb : la sale politique d’Environment Recycling

jeudi 12 mai 2016 , par MP

Accidents de travail à répétition, fatigue extrême, pneumopathie, épistaxis (saignement de nez), crachats sanguins… Les salariés de l’entreprise Environment Recycling (Allier) sont exposés depuis des années à des poussières et substances toxiques. A tel point que ce sont des médecins qui ont alerté la CGT (non présente dans l’entreprise) sur ces situations d’autant plus insupportables qu’elles touchent des personnes en réinsertion et des salariés handicapés, population particulièrement vulnérable et corvéable.

Des analyses accablantes
Immédiatement, devant l’afflux de témoignages, la CGT alerte, visionne des vidéos apportées par les salariés, fait réaliser des analyses. Les résultats sont accablants : les salariés sont exposés à la toxicité de 28 métaux lourds tels que le plomb, le baryum, l’antimoine… Les analyses médicales révèlent par prise de sang des plombémies supérieures à 300 microgrammes et certains évoquent des collègues à plus de 500 microgrammes alors que le seuil limite est de 90 microgrammes.

Une première victoire
Devant l’action de la CGT, l’entreprise est contrainte de prendre des dispositions, trop tardives et notoirement insuffisantes : en installant des systèmes d’aspiration des poussières toxiques et en remplaçant les filtres respiratoires en papier par des systèmes plus efficaces et plus sophistiqués. C’est une première victoire mais qui ne répare en rien les préjudices subis et les atteintes irréversibles pour la santé.

Museler la CGT ?
Revancharde et escomptant la museler, l’entreprise attaque trois fois la CGT et ses représentants pour diffamation. Cela s’est déjà traduit par trois convocations au commissariat de Montluçon en mai, septembre et novembre 2015. Laurent Indrusiak, secrétaire de l’UD CGT, Elena Blond, secrétaire de l’UL CGT et Rosa Da Costa Secrétaire Générale du Comité Régional Auvergne ont tour à tour été convoqués.
Une nouvelle étape est franchie avec la mise en examen jeudi 11 mai de Laurent Indrusiak en sa qualité de Secrétaire Général de l’UD CGT de l’Allier pour diffamation envers Environment Recycling.

« Nous sommes sereins »
« Nous sommes attaqués pour un tract distribué et un communiqué de presse publié sur le site de l’UD », explique Laurent Indusiak. « Mais nous sommes sereins, parce qu’ils doivent démontrer que ce que l’on affirme est faux. Or, nous avons des preuves (des témoignages, vidéos, des analyses médicales….) Nous avons d’ailleurs des éléments nouveaux, puisque de 4 dossiers de salariés, nous sommes passés à 9. Nous allons donc faire appel de la décision du tribunal et déposer plainte au pénal. Avec cette plainte, nous dénonçons aussi l’attitude de la justice : la plainte d’Environment Recycling contre la CGT date d’il y a deux ans et abouti à ma mise en examen ; alors que notre plainte pour la mise en danger de la vie d’autrui a été classée pour prescription… »

Mercredi 11 mai, devant le tribunal, Laurent Indrusiak était soutenu sous une pluie battante par plus de 200 militants venus de l’Allier et de tous les départements voisins. A noter aussi la présence d’autres syndicats venus en soutien : FSO, la FSU, Solidaires et la CNT.

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Laurent Indrusiak, à gauche, devant le tribunal de Montluçon
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Manifestation de soutien à Laurent Indrusiak, 11 mai à Montluçon
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Manifestation de soutien à Laurent Indrusiak, 11 mai à Montluçon