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Publié le jeudi 6 décembre 2012

Logement et hébergement



La crise du logement est d’une ampleur et d’une profondeur inégalée ; la logique marchande a pris le pas sur celle visant la satisfaction d’un besoin fondamental : le droit au logement pour tous. Les difficultés d’accès et de maintien dans le logement touchent de plus en plus de salariés, actifs, privés d’emploi ou retraités. L’accès au logement des jeunes, salariés ou pas, des apprentis, des étudiants demeure un véritable parcours du combattant.

La pauvreté qui gangrène des pans de plus en plus importants de la société, la précarité qui devient la norme pour le salariat, le nombre record d’expulsions locatives, oblige, pour la CGT, à considérer l’exclusion par le logement autrement.
L’heure n’est plus à la prise en compte, par segmentation, d’un public, le plus en difficulté et marginalisé, auquel il faudrait apporter aide et assistance, certes toujours nécessaire, mais d’asseoir un véritable droit à l’accès et au maintien au logement pour tous.

1°) Construire des logements sociaux :

Le développement du logement social, notamment dans les agglomérations « en tension », s’avère un puissant levier pour rendre effectif le droit au logement pour tous. Il favorise la mixité sociale, socle du vivre ensemble, de l’intégration sociale et professionnelle et de la cohésion sociale dans notre société. Construire 150 000 logements sociaux par an, pour répondre aux besoins en quantité et en qualité y compris en terme d’accessibilité aux situations de handicap ou de perte d’autonomie, est un impératif ; cela impose de revoir la politique globale du financement et l’implication de l’État sur ce titre qui se désengage sur les autres acteurs (fonds propres des bailleurs sociaux, collectivités locales, 1 % logement, ...)

2°) Lutter contre le logement cher :

Pas plus de 20% du revenu ne doit être consacré au logement. Pour atteindre cet objectif, Il est nécessaire de mettre en place, en complémentarité, d’un vaste plan de construction de logement sociale, une réelle politique d’encadrement des loyers et une obligation forte quant à l’application de la loi SRU et à son renforcement.

3°) Arrêter les expulsions :

Elles sont tous à la fois une atteinte à la dignité humaine, une hérésie sociale et un non sens économique - deux jours de nuitées d’hôtel représentent le coût d’un loyer mensuel. Toute expulsion, si en dernier ressort elle devait être décidée, doit être accompagnée d’une solution de relogement.

4°) Réquisitionner les logements vides :

La pénurie de logements dans un contexte où le nombre de ceux vacants n’a jamais été aussi élevé oblige en raison de la situation, notamment dans les zones en tension, de lever le tabou sur la réquisition doit être levé. Cette procédure, prévue par la loi, mise en œuvre.

5°) Augmenter les moyens et coordonner des dispositifs d’hébergement :

Pour la CGT, accueil d’urgence et logement ne s’opposent pas ; l’un et l’autre sont indispensables dans une société et un modèle économique en crise. L’un et l’autre nécessite des moyens accrus. L’accueil digne et adapté des personnes sans logis demande de développer une politique d’hébergement avec des places supplémentaires pérennes pour répondre aux situations d’urgence jusqu’au relogement.

CHRS, logement transitoire (Allocation Logement Temporaire), CHRS éclaté, bail glissant sont des dispositifs utiles pour les publics les plus démunis. Les missions doivent être confortées, les qualifications des salariés reconnues et leurs conditions de travail améliorées.

L’État doit en être le garant et assurer la gouvernance des moyens ainsi que de l’accompagnement social nécessaire et indispensable pour passer de la rue au logement autonome ;

6°) Favoriser l’accès au logement autonome des jeunes :

Les jeunes ont en commun d’avoir des ressources précaires, et de vivre une mobilité contrainte ou choisie. De ce fait, ils sont victimes du mal-logement. L’accès des jeunes au logement autonome demeure la finalité.

Il est nécessaire de mettre en oeuvre des solutions adaptées aux jeunes tant du point de vue de l’accès au logement que de la solvabilisation ainsi que d’adapter dans le parc social et le secteur privé conventionné des formules adaptées aux situations des jeunes ménages et à leur mobilité.

Foyers de jeunes travailleurs, résidences universitaires, logement des apprentis faisant appel aux ressources et à l’intervention du 1 % sont aussi des réponses aux besoins, à développer.