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Patrimoine hydroélectrique

Les syndicats de l’énergie se mobilisent le 13 mars au Parlement européen

mercredi 7 mars 2018

Le gouvernement français a engagé récemment des démarches sur le renouvellement des concessions hydrauliques pour répondre à la mise en demeure de la Commission européenne. L’intersyndicale composée de la CGT, CFDT, CGC, FO mais aussi des organisations syndicales européennes EPSU et Industri’All contestent les fondements de cette mise en demeure de 2015 et s’alarment de la réponse donnée aujourd’hui par le gouvernement Français.

L’intersyndicale a décidé d’une journée de mobilisation le 13 mars en organisant un rassemblement des hydrauliciens devant le Parlement européen à Strasbourg. L’objectif principal est d’interpeller les parlementaires européens au travers d’une rencontre avec les élus français et les organisations syndicales afin de débattre de l’avenir des concessions hydrauliques.

Cette action interfédérale engagée depuis deux ans, avec les fédérations syndicales européennes EPSU et IndustriAll, passe donc un cap par cet appel à la mobilisation des hydrauliciens.

Depuis plus de vingt ans et aujourd’hui encore avec le Clean Energy Package, la Commission européenne ne jure que par la création d’un marché européen de l’électricité. Le marché français est quant à lui le théâtre d’une concurrence réelle qui fragilise les opérateurs historiques sans pour autant offrir aux consommateurs les bénéfices escomptés. Pourtant, la Commission européenne s’entête en exigeant la mise en concurrence des concessions hydroélectriques françaises, alors même qu’elle est fragilisée par un scandale de gouvernance.

Pour l’intersyndicale, la gestion des ouvrages hydroélectriques n’a pas pour seule finalité de produire de l’électricité, une grande partie de son rôle consiste aussi à gérer les ressources en eau du pays. Une mise en
concurrence des concessions et par conséquent la privatisation de la gestion de l’eau irait à l’encontre des ambitions de la loi LEMA et de la directive européenne 2008/105/CE.

La mise en concurrence des concessions hydrauliques en France ne peut ni conduire à brader un patrimoine public, ni servir de monnaies d’échange pour d’autres dossiers. C’est pourquoi l’intersyndicale défend que ce dossier ne saurait pas se réduire à une négociation technique entre les fonctionnaires français et les services de la Commission européenne. L’intersyndicale demande donc que l’avenir du patrimoine hydroélectrique national fasse l’objet d’un véritable débat politique.