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Publié le jeudi 12 février 2015

Les scénarios régressifs du Medef



Si les régimes connaissent aujourd’hui des difficultés, c’est principalement du fait du refus patronal d’augmenter le montant des ressources allouées aux régimes, situation aggravée depuis 2009 par la crise. Il en résulte une approche patronale strictement comptable visant à contenir les déficits en réduisant les dépenses. Une approche qui est aussi celle de la Cour des comptes selon laquelle il est impossible d’augmenter les cotisations car cela mettrait gravement en cause la compétitivité des entreprises françaises.

Le nombre de retraités continuant d’augmenter, il ne resterait plus qu’à agir sur le niveau des prestations en les abaissant une fois de plus et à reculer l’âge de la retraite. C’est d’ailleurs le fil rouge des propositions avancées par le Medef en amont de cette négociation.

Le Medef a fait faire un certain nombre de chiffrages pour établir que l’équilibre financier des régimes pourrait être assuré en combinant plusieurs mesures régressives.
Il s’agirait, notamment de confirmer la sous-indexation, ou plutôt le gel des pensions, pour deux années supplémentaires. D’ailleurs, la précédente décision allant dans ce sens, prise dans le cadre du dernier accord Arrco et Agirc, avait servi de tremplin au gouvernement pour imposer un gel des pensions dans tous les régimes. C’est dire que la négociation qui s’ouvre concerne tous les salariés, et pas seulement ceux du privé…
Il pourrait aussi être question de faire évoluer beaucoup plus vite le prix d’achat du point par rapport à sa valeur de service, l’objectif étant d’abaisser le nombre de points acquis pour un même salaire.
La pension de réversion pourrait également être revue à la baisse. Plusieurs possibilités sont envisagées et pourraient être combinées :

  1. Baisse du taux de réversion qui passerait de 60 % à 54 % (taux Cnav), voire 50 % (taux FP).
  2. Augmentation de l’âge minimum pour bénéficier de la pension de réversion qui passerait de 55 à 60 ans à l’Arrco (alignement sur l’Agirc).
  3. Prise en compte de la durée de mariage rapportée à la durée d’activité : pour faire simple, si mariée dix ans pour une carrière de 40 années, la réversion serait divisée par 4 (10/40).

Mesure phare, le Medef porte un nouveau recul de l’âge comme une mesure incontournable
Le recul pourrait commencer pour la génération 1956 et l’objectif serait de reculer l’âge par paliers de 6 mois. La cible serait 64 ans (69 ans pour une retraite sans décote) ou 65 ans (67 ans pour une retraite sans décote).
Une autre mesure pourrait être de ne plus accorder de retraite sans abattement avant 67 ans, indépendamment de la situation dans le régime général.
Si toutes ces dispositions autour du recul de l’âge peuvent être appliquées sans attendre une nouvelle réforme des retraites, elles constituent, comme cela était le cas avec le gel des pensions, un point d’appui précieux pour justifier de nouvelles évolutions régressives de la législation en matière de retraite. D’ailleurs, le Medef ne fait pas mystère de vouloir atteindre cet objectif.