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Protection sociale

Les allocations familiales doivent revenir aux familles !

vendredi 6 juin 2014
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La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale se saisit en ce moment d’une proposition de loi UMP votée par le Sénat à la quasi-unanimité en 2013, qui conduit à la confiscation des 2/3 des allocations familiales, pour les familles dont les enfants sont placés auprès des services de l’Aide sociale à l’enfance et à la totalité de la prime de rentrée scolaire. Ces allocations seraient alors versées aux départements.

Il est déjà possible aux magistrats de suspendre ou de retirer les allocations familiales ce qui se fait déjà dans 43% des cas, ou de décider d’une Tutelle aux Prestations Sociales. Il serait surtout temps de comprendre pourquoi en France, on place 10 fois plus d’enfants que chez nos voisins !!!

La plupart du temps, les familles concernées sont pauvres ou très pauvres, souvent monoparentales.
Rappelons que les parents dont les enfants sont placés restent détenteurs de l’autorité parentale sauf exception. De ce fait, ils sont tenus de subvenir aux besoins d’entretien et d’éducation de leur enfant même en cas de placement à l’Aide Sociale à l’Enfance (article L28-1 du code de l’action sociale et des familles).

Le maintien des allocations familiales est un moyen de permettre à ces familles d’accueillir dans des conditions décentes les enfants pendant les week-ends et les vacances... C’est aussi le peu d’argent qui permet de résorber les dettes ou de reconstruire un budget permettant le retour des enfants.

Ces constats sont partagés par les professionnels du travail social et quantité d’associations œuvrant dans le secteur. Ils intègrent y compris une réflexion sur le coût relatif de l’intervention pour ces familles.

Un placement "coûte" autour de 50 euros par jour et par enfant en famille d’accueil, 200 euros /jour en foyer traditionnel et jusqu’à 400 euros en établissement spécialisé. Le montant mensuel des allocations récupérées par l’aide sociale à l’enfance des départements, sera de 1 524 euros pour deux enfants !!! Limiter le temps de placement, voire l’éviter, présente donc des intérêts sociaux et humains évidents mais aussi de simple économie.

La CGT pense qu’une aide financière même forte et passagère, coûte moins cher sur le long terme qu’un placement. Elle considère que l’augmentation actuelle du nombre de placements est directement liée à l’aggravation de la crise.

Les familles à la rue voient leurs enfants placés, leur retirer les allocations ne réglera aucun problème et ne favorisera certainement pas leur accès au logement ou leur autonomie.

Voter un tel texte contribuerait à renforcer l’idée des chômeurs-fraudeurs, à valider le discours sur les "assistés sociaux" et surtout, fragiliserait plus encore les familles en détresse.

C’est pourquoi nous demandons instamment aux parlementaires de ne pas s’inscrire dans cette perspective et de remettre en cause le vote du Sénat.

Montreuil, le 06 juin 2014