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Publié le samedi 16 mai 2015
Culture

Le Festival de Cannes et l’engagement culturel de la CGT



Engagée depuis toujours dans la démocratisation de la culture et le soutien à la création, la CGT, cofondatrice du Festival international du film de Cannes, sera présente sur la croisette, pour l’édition 2015, qui se déroule du 13 au 24 mai.

Outre l’importance de ce rendez-vous pour tous les acteurs du cinéma en France, le développement économique et l’emploi, la participation de la CGT à cet événement, qui accueille plus de 15 000 visiteurs chaque année, sera tout particulièrement l’occasion de saluer le rôle déterminant que jouent nombre de comités d’entreprises gérés par des élus CGT pour faciliter l’accès à la culture et aux pratiques artistiques du plus grand nombre, en ouvrant aussi les portes du festival le plus médiatisé au monde à leurs salariés.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Denis Gravouil, secrétaire général de la Fédération nationale CGT des syndicats du spectacle, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC), évoquent les raisons et les enjeux de la participation de la CGT au 68e Festival de Cannes.

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Philippe Martinez participera, le samedi 16 mai,à La Napoule, à l’inauguration du 13e « Visions sociales », festival de cinéma organisé par la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) du personnel des industries électriques et gazières, qui, face à la grande distribution et à l’uniformisation des programmes, entend promouvoir un cinéma d’auteur et de qualité, et attribue, chaque année, un « Soleil d’or » à un film de la Quinzaine des réalisateurs.

Le secrétaire général de la CGT rencontrera également, le lendemain matin, « Ceux du rail », association des cheminots cinéphiles, qui leur donne l’occasion de décerner des « Rails d’or » à un long-métrage et un court-métrage sélectionnés dans le cadre de la Semaine internationale de la critique.

À l’invitation du Président du Festival de Cannes, Pierre Lescure, Philippe Martinez sera, toute la journée du 17 mai à Cannes, où il rencontrera les artistes à l’occasion d’un colloque sur l’avenir du droit d’auteur en Europe avec la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin.

Il visitera ensuite le Palais du festival et retrouvera les professionnels du cinéma sur le stand de la Fédération CGT du spectacle, situé dans les galeries du « Marché du film », puis il échangera avec celles et ceux qui assurent aussi, dans l’ombre, le succès de cet événement culturel majeur : les salariés de l’hôtellerie et de la restauration.

Enfin, à l’occasion des 120 ans de la CGT, née la même année que le cinéma des frères Lumière, il assistera, à 15h, aux côtés d’une vingtaine de salariés précaires, privés d’emploi, retraités et sans-papiers, invités à participer au festival de Cannes par l’association « Avenir social », à la projection du film « La Marseillaise », chef-d’œuvre de Jean Renoir dont la production et la sortie, en 1938, furent rendues possible grâce à une souscription lancée par la CGT.
Le matin même, il aura accompagné les invités de « l’Avenir social » à la projection du film « Mon roi » de Maïwenn, sélectionné en compétition officielle.

L’institut CGT d’histoire sociale (IHS) consacre un numéro spécial de ses « Cahiers », en mai 2015, aux relations entre le syndicat et le Septième art : « Cinéma et CGT : Histoire commune d’hier à aujourd’hui ».


La CGT et le festival de Cannes

Le grand public l’ignore le plus souvent, mais la CGT a joué un rôle essentiel dans la création du Festival de Cannes. Pensé pendant le Front populaire, celui-ci aurait dû naître avant la guerre, pour faire concurrence au Festival de Venise, outil de propagande de l’Italie fasciste de Mussolini et de l’Allemagne nazie d’Hitler. La guerre stoppe le projet, et ce n’est finalement qu’en septembre 1946, dans l’euphorie politique du moment, que la première édition a lieu. Alors qu’il faut reconstruire et moderniser le pays, les priorités sont ailleurs, la culture, tout comme les loisirs, étant souvent relégués au dernier rang des priorités en période de crise.

Le gouvernement refusant de financer un festival annuel, la CGT s’investit totalement avec un important travail militant. Des syndiqués participent bénévolement à la construction du premier palais des festivals, le « palais Croisette » (rasé à la fin des années 1980) : ouvriers du bâtiment et couturières CGT travaillent sans relâche sur le chantier jusqu’à la veille de l’inauguration du bâtiment, en 1947. Dès 1946, la Fédération nationale du spectacle CGT fait partie du Comité d’organisation du Festival, ce qui est encore le cas encore aujourd’hui.

Il est intéressant de noter que La bataille du rail de René Clément obtient, en 1946, le Grand Prix International de la mise en scène et le Prix du Jury International.


- Voir les repères revendicatifs de la CGT « Démocratie culturelle, droit à l’information et à la communication ».

- Voir la page récapitulative des événements organisés autour des 120 ans de la CGT.

- Voir le dossier consacré au 120e anniversaire de la CGT.

- Lire l’interview de Corinne Masiero, marraine de Visions Sociales 2015, extraite du Journal de la CCAS de mai 2015.