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Publié le jeudi 26 juin 2008

Le Comité exécutif de la CES demande à l’UE de changer de cap



Le comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui s’est réuni les 24 et 25 juin, a durci le ton en raison du piétinement actuel de l’Europe sociale. Les récentes décisions sur la directive du temps de travail et le jugement de la Cour européenne de justice sur le cas Luxembourg donnent une orientation dangereuse à l’Union européenne (UE). Les citoyens européens ont l’image d’une Europe qui s’attaque aux droits des travailleurs et qui est subordonnée à l’Europe des marchés. Cette perception est sans doute une des raisons majeures du “non” irlandais. L’UE doit changer de cap au risque de mettre au pilori le projet européen et d’engendrer un divorce avec ses citoyens.

La CES s’était déjà exprimée sur ces sujets, mais la récente décision du Conseil européen Emploi et des Affaires sociales sur le temps de travail et le jugement sur le cas Luxembourg ont marqué une régression supplémentaire du droit du travail européen. Le cas Luxembourg a été édifiant à plus d’un titre, en effet, c’est la Commission européenne qui a attaqué un État membre : le Luxembourg, car il protégeait trop ses travailleurs. Les cas précédents (Laval, Viking, Rüffert) avaient ouvert une brèche grave car les jugements rendus avaient déjà mis hors la loi des conventions collectives nationales. Donner une autre orientation à l’UE est l’enjeu actuel le plus important, car l’Europe est perçue aujourd’hui comme un facteur de régression dépourvue de régulation qui protégerait les citoyens.

Ces décisions ont été prises, de surcroît, dans un contexte socio-économique dégradé aggravé par l’augmentation des denrées alimentaires et du prix du pétrole qui touchent en premier lieu les foyers les plus modestes. L’inflation est un autre facteur aggravant. Les politiques dérégulatrices au niveau européen se retrouvent parfois au niveau national, détériorant les acquis sociaux et augmentant le sentiment d’insécurité.

Dans ce contexte, qui se traduit par des politiques anti-sociales, où le social est considéré comme un poids, le “non” au référendum irlandais est un signal à prendre au sérieux, d’autant que ce sont les ouvriers qui ont majoritairement voté “non”. Pour autant, l’Eurobaromètre montre que l’écrasante majorité des Irlandais est pro-européenne. Ce “non” se vérifierait assurément dans d’autres pays si il y avait des référendums.

Les syndicats européens appellent les décideurs européens à changer d’orientation s’ils ne veulent pas provoquer une fracture profonde avec les citoyens. Ils se déclarent également en faveur d’un protocole de progrès social. Des journées d’action européenne sont prévues à la rentrée (journée internationale du 7 octobre, actions en direction du Parlement sur le temps de travail, en fonction du calendrier).

- Le référendum irlandais : évaluation initiale de la CES