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Travailleurs sans-papiers

La « traite d’êtres humains » reconnue pour les coiffeuses du 57 bd de Strasbourg à Paris

vendredi 9 février 2018

Ce jeudi 8 février, Mohammed Bamba, gérant du salon de coiffure du 57 bd de Strasbourg à Paris, a été condamné pour « traite d’êtres humains » et conditions de travail contraires à la dignité humaine. C’est la première fois qu’une victoire a lieu sur cette notion dans un contexte de travail collectif. Un beau combat gagné par la CGT qui était partie civile avec les 18 coiffeuses.

Mohamed Bamba, gérant de droit et de fait, a été condamné à deux ans de prison dont un an ferme et trois ans de mise à l’épreuve ainsi qu’à 25 000 euros d’amende à verser aux coiffeuses en dommages et intérêts et 5 000 euros à la CGT Paris. Mohamed Bamba écope aussi d’une interdiction de gérer définitive. L’une des salariées, nommée Precious, dont la situation n’était pas pleinement régularisée, bénéficiera d’un titre de séjour vie privée et vie familiale.

Pour Marilyne Poulain, responsable du collectif immigration à l’UD CGT Paris, « la décision s’est appuyée sur l’avis du défenseur des droits. C’est une première sur le plan historique. Cela va donner de l’espoir à de nombreux salariés qui se trouvent dans le même cas ».

Pour rappel, les 18 coiffeuses non déclarées, payées à la tâche, exploitées du 57 bd de Strasbourg du même quartier Château-d’Eau, avec le soutien très large d’associations, de politiques, du collectif des cinéastes pour les « sans-papiers » et de la CGT, avaient finalement été régularisées en 2015 puis gagné aux Prud’hommes en juin 2016. Elles s’étaient mises en grève en mai 2014 devant la menace de se faire rafler si elles se rebellaient, et avaient obtenu des contrats de travail sous la pression de la CGT qui avait alerté l’inspection du travail.

Mais en juillet, leur employeur avait déposé le bilan, conduisant les salariés à déposer une plainte pour « traite d’êtres humains, travail dissimulé et faillite frauduleuse ». En novembre 2016, les gérants du salon avait été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris pour l’un à deux ans de prison, dont un avec sursis et 31 800 € d’amende, pour l’autre à 10 mois d’emprisonnement et 10 600 € d’amende.

Retrouvez ici un extrait du documentaire D’une victoire à l’autre, tourné en 2016 et illustrant notamment le combat des coiffeuses.

Photo : Laurent Hazgui
Voir en intégralité le documentaire D’une victoire à l’autre