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Publié le vendredi 26 août 2005

La réussite éducative a besoin de moyens considérables



Le conseil des Ministres annonce aujourd’hui un nouveau dispositif dit « plan de réussite éducative » destiné à aider des jeunes en difficultés scolaires ou sociales. Il concerne dans l’immédiat 60 000 jeunes et les pouvoirs publics débloquent les moyens de 20 000 recrutements

Le conseil des Ministres annonce aujourd’hui un nouveau dispositif dit « plan de réussite éducative » destiné à aider des jeunes en difficultés scolaires ou sociales. Il concerne dans l’immédiat 60 000 jeunes et les pouvoirs publics débloquent les moyens de 20 000 recrutements

Mais nous ne pouvons éviter de rapprocher cette annonce de la réalité des faits : 3 400 postes de professeurs supprimés en 2005 dans les collèges et les lycées, 3 000 encore prévus en 2006… la programmation pluriannuelle des recrutements annoncée ne permettra pas de compenser l’intégralité des départs en retraite, déficit venant ainsi s’ajouter aux dizaines de milliers d’emplois supprimés depuis 3 ans dans l’encadrement éducatif : enseignants, maître d’internat, surveillant d’externat, aides éducateurs… Ces suppressions représentant autant de moyens de proximité en moins dans les écoles, collèges et lycées pour assurer l’ensemble des enseignements obligatoires, pour faire vivre des projets éducatifs, assurer les missions de surveillance et de suivi, prévenir les problèmes de violence.

Le gouvernement reconnaît implicitement que la présence d’adultes est indispensable mais la limite au strict minimum et la cantonne aux zones les plus en difficulté où menace l’explosion, tout en « déshabillant » toutes les autres.

La mise en œuvre de la loi Fillon dont nous avons dit en son temps que les principes fondateurs produisaient une sélection accrue ne sera pas remise en cause par ce saupoudrage.

Ce projet ne fait aucune référence aux différentes réponses sociales qu’il serait nécessaire d’apporter pour, d’une part, combattre les inégalités sociales qui pèsent sur le fonctionnement de l’école et, d’autre part, garantir une plus grande mixité sociale. Par contre, la focalisation sur le redoublement et le contrat individuel de réussite éducative nous semblent de nature à culpabiliser les jeunes en difficulté et leur famille, sans pour autant permettre de résoudre l’échec scolaire.

L’école doit assurer à chaque jeune, à la fois l’accès à la culture et à la citoyenneté, et l’acquisition d’une formation générale et professionnelle débouchant, à terme, sur une qualification reconnue. Tout comme une réelle démocratisation du système permettant que les conditions sociales ne soient pour personne un obstacle à la poursuite d’études et à l’acquisition d’une formation, ceci dans le cadre d’une élévation générale des niveaux de formation, la gratuité effective durant toute la scolarité sont les conditions d’une réussite éducative pour tous les jeunes. Au-delà des effets d’annonce, cela appelle des créations de postes dans le développement du service public comme le demande la Cgt ainsi que plus globalement des choix budgétaires garantissant la continuité d’un grand service public d’éducation de qualité.