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Molex (Villemur-sur-Tarn)

La justice tranche : les licenciements étaient injustifiés

vendredi 28 mars 2014 , par Frédéric Dayan

Les salariés de Molex ont obtenu jeudi des prud’hommes de Toulouse la reconnaissance par la justice du travail que la fermeture de l’usine du géant américain et leur licenciement étaient dépourvus de justification économique. "On a toujours dit que la raison économique n’était pas justifiée, aujourd’hui la justice nous donne raison", a lancé le délégué CGT de l’usine Guy Pavan devant les anciens salariés de Molex rassemblés pour le jugement.

190 des 283 salariés de l’ancienne usine de connectique automobile avaient engagé devant les prud’hommes une action pour obtenir au total 22 millions d’euros de dommages et intérêts. Les juges ont tranché : leur licenciement était "sans cause réelle et sérieuse". Les prud’hommes leur accordent des indemnités considérables que leur avocat évalue à un total approchant les 15 millions d’euros.
L’attribution de ces indemnités est possible parce que le jugement met explicitement en cause la maison mère américaine, au même titre que sa filiale française placée en liquidation judiciaire en 2010.

Cette liquidation avait interrompu le versement des indemnités du plan social. Les salariés voyaient là des représailles à leur décision d’engager les poursuites devant les prud’hommes, et un moyen d’éluder les responsabilités de Molex Inc.

Me Denjean avait obtenu des prud’hommes, puis de la cour d’appel en février 2013, que la maison mère américaine soit déclarée "coemployeur", "une grande victoire, selon lui qui devrait interdire aux grands groupes étrangers d’évacuer leur responsabilité sociale".

Cette affaire aura sans doute des suites puisque, mauvais perdant, le groupe "conteste avoir agi en qualité de coemployeur et a déjà formé un recours devant la Cour de cassation, soulevant l’incompétence des juridictions françaises sur ce point".

Un appel de Molex bloquerait le versement des indemnités aux salariés. Mais "un pas très important est franchi", a souligné Me Denjean, l’avocat des salariés.