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Publié le jeudi 6 octobre 2005
Déclaration de la commission exécutive confédérale

La Cgt établit des rapports avec les partis politiques reposant sur le respect mutuel et la franchise



La Cgt établit des rapports avec les partis politiques reposant sur le respect mutuel et la franchise. Elle est disposée à débattre en permanence avec tous les partis démocratiques, d’organisation à organisation, dans le respect des prérogatives et de l’identité de chacun, dès lors que cela peut être utile pour ses objectifs revendicatifs ou que les partis eux-mêmes estiment utile pour leur propre réflexion d’entendre l’opinion de la Cgt.

La vie politique française se focalise progressivement sur la perspective de l’élection présidentielle de 2007. Cela alimente une polarisation médiatique prématurée à 18 mois du scrutin parasitée par l’expression d’ambitions personnelles. En saturant dès maintenant le débat public, celle-ci risque de faire passer au second plan la nécessaire mobilisation sur les questions économiques et sociales.

C’est dans ce contexte que la Cgt et ses responsables sont d’ores et déjà sollicités, ce qui conduit la direction confédérale à rappeler la ligne de conduite que la Cgt s’est donnée et qui trouvera sa place dans la phase de préparation du 48ème congrès.

Comme nous l’a justement rappelé le 47ème congrès, en mars 2003 : « Constater une certaine prise de distance entre les citoyens et la représentation politique ne veut pas dire s’en satisfaire et encore moins prétendre combler un vide en sortant de notre rôle ». C’est pourquoi, il nous paraît nécessaire de réaffirmer le sens et la portée de notre indépendance. Il nous paraît important de le faire sans participer au dénigrement de l’action politique, en soulignant au contraire le caractère irremplaçable de sa fonction pour la démocratie, ce qui appelle l’investissement citoyen de toutes et tous.

Conformément aux principes énoncés dans la déclaration rendue publique le 17 juillet 2001, la Cgt établit des rapports avec les partis politiques reposant sur le respect mutuel et la franchise. Elle est disposée à débattre en permanence avec tous les partis démocratiques, d’organisation à organisation, dans le respect des prérogatives et de l’identité de chacun, dès lors que cela peut être utile pour ses objectifs revendicatifs ou que les partis eux-mêmes estiment utile pour leur propre réflexion d’entendre l’opinion de la Cgt. En tant qu’organisation, cela exclut toute attitude de soutien ou de co-élaboration d’un projet politique quel qu’il soit et toute participation, sous quelque forme que ce soit, à une coalition à vocation politique.

Syndicats, partis politiques et autres formations contribuent, selon les modalités et les responsabilités qui leur sont propres, à faire vivre le débat public, à faire évoluer la réalité sociale. Il est normal que se manifestent des convergences et aussi des divergences entre organisations qui n’ont pas la même vocation. Il est honnête de ne se masquer ni les unes, ni les autres. La Cgt ne craint pas d’assumer les convergences ou divergences avec telle ou telle force politique sur tel ou tel sujet. Elle a choisi de le faire sans s’associer pour autant à un projet politique, mais en appelant à la propre réflexion de chaque syndiqué, de chaque salarié.

Cette démarche, conforme aux orientations de nos congrès, correspond à une volonté d’être maître de nos analyses et de définir nos orientations en toute indépendance, de les confronter à d’autres dans le débat avec les salariés, d’en tirer les enseignements pour notre action. La responsabilité de la Cgt est de faire face à la permanence et à l’urgence de l’exigence revendicative : elle occupe pour cela le terrain de la lutte, de la proposition et de la négociation. C’est dans l’exercice de cette responsabilité syndicale que la Cgt, qui n’est pas neutre, participe au mouvement de transformation de la société. C’est aussi dans ce cadre que le syndicalisme doit agir et continuer à peser pour faire prévaloir ses priorités auprès des instances permanentes et essentielles du pouvoir politique (Etat, Assemblées élues, institutions…), en France, en Europe et dans le monde, dans le but de négocier avec elles des avancées servant l’intérêt des salariés.

C’est cette conception qui fonde nos rapports avec la vie politique et c’est elle qui nous a conduit, sauf circonstances exceptionnelles, à ne plus donner de consignes de vote lors des échéances électorales. Elle traduit la volonté de s’appuyer en permanence sur les syndiqués en préservant le respect des diversités d’opinion de tous les adhérents. Elle crée les conditions pour que chaque syndiqué puisse, sans contraintes, exprimer son point de vue dans la tolérance et le respect mutuel, conformément à l’article 1 des statuts de la Cgt. La meilleure attitude qu’entend adopter la Cgt pour que de véritables alternatives politiques soient au cœur du débat public, c’est de faire son travail syndical, d’occuper mieux encore la place qui est la sienne où personne ne peut nous remplacer. Pour y parvenir nous y consacrons toute notre énergie, toute notre intelligence, toute notre disponibilité et toutes nos forces.

C’est ce que les salariés attendent de la Cgt et ce qui peut les conduire à s’engager en plus grand nombre dans le combat syndical.

Montreuil, le 6 octobre 2005

Déclaration adoptée à l’unanimité